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Assises d'Aix : début d'un procès sur fond de trafic de drogue

Le 26 janvier 2010, Mohamed Zouggari, 24 ans, est tué d'une balle dans le ventre dans
les quartiers nord de Marseille, par un jeune de 18 ans.
Le procès se déroule dans l'ancien palais
Le procès se déroule dans l'ancien palais © Frédéric Renard
"j'ai pas fait exprès en plus de le tuer je me sentais en danger"
Voici les premiers mots de Mehdi Zerrouki, le meurtrier présumé devant la Cour d'assises ce matin.

Ce tragique fait divers, emblématique de la violence des cités, est examiné à partir d'aujourd'hui aux assises des Bouches-du-Rhône.

Le 26 janvier 2010: Mohamed Zouggari, 24 ans, est tué d'une balle dans le ventre dans la cité des Rosiers dans le 14e arrondissement de Marseille.

Si les auteurs de ces homicides sont rarement arrêtés, cette fois des habitants de la cité et des témoins directs de la fusillade livrent le nom de Mehdi Zerrouki qui finit par se rendre à la police le 9 mars, après une cavale d'un mois et demi.
En garde à vue, il explique avoir acheté, peu de temps avant les faits, un fusil dans une cité voisine au prix de 150 euros, craignant pour sa vie. Car, depuis quelques semaines, un violent différend l'oppose à la victime, dont il tente de récupérer le point de vente.
Une bagarre a ainsi éclaté entre les deux jeunes trafiquants, les scooters de Zerrouki ont été incendiés et le jour même des faits, Mohamed Zouggari, alias Pepelo, s'en est pris à un de ses proches, Yassine, qu'il considère comme son petit frère.
"Même s'ils avaient des capuches et une écharpe sur le visage, j'ai quand même reconnu Pepelo et le black", a raconté Yassine aux enquêteurs. "Ils m'ont frappé à coups de crosse (...) Il y a quelqu'un qui est allé prévenir Mehdi Zerrouki de ce qui m'était arrivé, quand il a vu que j'étais en sang, il a pété un câble".
Lors de son audition, le meurtrier a reconnu effectivement avoir "pété les plombs". "Il y avait un jeune avec un scooter, j'ai pris son casque et lui ai dit de me donner son scooter". Il s'en va trouver Zouggari, sur une place, non loin de la cité, et affirme avoir tiré une fois en direction des jambes de la victime, parce que "Pepelo a fait un geste derrière son dos, comme pour prendre une arme".

Mais, d'après les témoins présents sur les lieux, Zerrouki aurait tiré à deux reprises, braquant sa victime d'entrée de jeu, avant de l'insulter et de lui écraser la tête avec le pied. Un récit corroboré par les expertises balistiques et le rapport du médecin légiste.
© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Les juges d'instruction évoquent "une volonté vengeresse" de l'accusé, qui comparaît
pour assassinat.

Né le 3 juin 1991 à Marseille, Mehdi Zerrouki a grandi dans un milieu familial violent et arrêté l'école à 15 ans. Son casier judiciaire est éloquent : à 21 ans il a déjà 18 condamnations à son actif à la date de juin 2012, dont la moitié pour violences aggravées.
Depuis son placement en détention provisoire, il a été transféré de prison en prison du fait de son comportement : agression d'un codétenu, découverte de stupéfiants ou insultes envers les gardiens.
Pour son avocat, Me Denis Fayolle, "on n'est pas dans un dossier où la légitime défense peut être invoquée, mais pas non plus dans un dossier type de règlement de comptes froid et réfléchi visant à reprendre le contrôle d'un territoire". Devant la cour d'assises à Aix-en-Provence, il compte plaider un côté "impulsif et réactionnel" du geste de son client, survenu après une succession d'"actes émanant de la victime".

Du côté des parties civiles, on avance que "rien ne justifie que Mohamed Zouggari se fasse tuer de cette façon alors qu'il était tranquillement en train de discuter sur la place, même à supposer qu'il trafiquait un peu", argue Me Laurence Le Fèvre, conseil de la famille.

Le verdict est attendu mercredi dans ce procès "emblématique du climat qui règne dans les cités où les jeunes, inactifs, sont pris dans un engrenage", souligne l'avocate.




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