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Le sort des casinos de La Seyne-sur-Mer et de Sanary en suspens

Le sort des casinos de La Seyne-sur-Mer et de Sanary (Var), exploités par les groupes Joa et Viking, est en suspens dans l'attente d'un jugement du tribunal administratif de Toulon après un recours de Partouche. La décision est attendue le 6 février.

Lors d'une audience la semaine dernière, le rapporteur public a préconisé l'annulation des autorisations accordées en mars 2012 par le ministère de l'Intérieur. Il a estimé que l'Etat n'avait pas analysé "l'impact cumulé" de ces 2 ouvertures sur le casino de Bandol, opéré par le groupe Partouche.
Débouté en première instance, le numéro 2 français des casinos avait fait appel. 
A La Seyne-sur-Mer, les travaux ont déjà démarré, représentant "un investissement total de 25 millions d'euros", selon Laurent Lassiaz, président du directoire du groupe Joa (22 établissements), qui fait part de son "incompréhension" et met dans la balance les 200 emplois en jeu au total.
Dans l'attente, un casino provisoire a ouvert ses portes en juillet 2012.
Selon une source proche du dossier, l'établissement de Bandol a subi cette concurrence de plein fouet, accusant une baisse de 24% du produit brut des jeux (PBJ, différence entre les mises et gains des joueurs) sur l'exercice annuel (1er novembre 2012-30 octobre 2013), à comparer à un recul de 4,3% pour l'ensemble du secteur, et 20 emplois ont dû être supprimés.

"Trop de casinos tuent les casinos", estime FO

"Trop de casinos tuent les casinos", estime Force ouvrière (FO), syndicat majoritaire dans la profession. "Le potentiel de clientèle de nos entreprises n'est pas divisible à l'infini", argue-t-il dans un communiqué publié cette semaine, soulignant que la Côte d'Azur est "le marché le plus saturé".
Selon FO, les municipalités, en droit d'imposer une redevance allant jusqu'à 15% des recettes du casino, peuvent "succomber à la tentation d'ouvrir un établissement de jeux sur leur territoire, indifféremment de l'environnement économique local".
Le syndicat appelle donc à "revenir sur ce modèle", appelant à "une régulation à l'échelon régional ou départemental".
"Une interprétation erronée", répond M. Lassiaz, citant en exemple les casinos de La Ciotat et de Cassis qui ont réalisé de meilleures performances que la moyenne du marché, malgré l'ouverture de l'établissement seynois.
7 tablissements sont en activité dans le département, et près de 200 en France.
Pour autant, le directeur général du groupe Vikings (9 établissements), Luc Le Borgne, dont le casino de Sanary devrait ouvrir en 2015, réfute lui aussi toute "saturation du bassin" et fait miroiter des recettes de plus d'un million d'euros par an pour la commune.
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