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Meurtre d'un détenu : trois accusés au lourd passé judiciaire aux assises d'Aix-en-Provence

© AFP
© AFP

Cette journée de mercredi aux assises d'Aix a vu défiler trois accusés au lourd parcours de délinquants, accusés d'avoir tué, en octobre 2012, à la prison de Tarascon un codétenu de 21 ans.

Par AFP

Ils s'installent dans le box des accusés, sourire aux lèvres, sans paraître mesurer
la gravité de l'affaire. Les trois hommes, El Kaled Ibad Ally, 23 ans, Oualid Sabeur, 21 ans, et Frédéric Schott, 28 ans, ont tous connu la prison dès leur plus jeune âge. La présidente Jacqueline Faglin a rappelé les multiples condamnations qui ont émaillé leur parcours, après avoir lu l'acte d'accusation qui décrit le meurtre de Mehdi Ziani, 21 ans, frappé de plusieurs coups de couteau, dont un mortel au coeur. Les six jurés et trois magistrats auront à déterminer si les accusés, poursuivis pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises avec préméditation, usage d'une arme et en réunion, souhaitaient donner une leçon à la victime -ce qu'ils soutiennent- ou s'ils avaient l'intention de tuer.

Un accusé égocentrique, "gâté pourri" par ses parents

Lors de l'examen de la personnalité des accusés, Oualid Sabeur a raconté qu'il
était le fils unique de parents algérien, un père agent de sécurité et une mère
au foyer, qui l'ont "gâté pourri". Sa dérive - premiers vols et première incarcération à 15 ans-, c'était "pour faire le beau". Il décrit alors des "parents dépassés", une déscolarisation précoce. Le caractère du jeune homme est marqué par "l'égocentrisme" et "l'impulsivité", a témoigné une psychologue en soulignant que Oualid Sabeur rejetait la responsabilité de l'agression mortelle sur le système carcéral. Il a reconnu avoir porté plusieurs coup d'Opinel dans les fesses de la victime.

Sentiment : indifférence

El Kaled Ibad Ally évoque à son tour ses parents, un père d'origine mahoraise
adjudant dans l'armée et une mère malgache. "Ils ont fait de leur mieux", dit le
jeune homme qui a avoué avoir porté le coup mortel. Il a raconté comment, en échec scolaire, il a basculé très tôt dans l'alcool et la drogue. L'expert psychiatre
a relevé "une tendance du sujet à l'indifférence".
Le plus âgé des trois accusés, Frédéric Schott, 28 ans, a été décrit comme intelligent et "mal tolérant aux contraintes" par un psychiatre. Depuis plus de dix ans, il n'a connu que de courtes périodes de liberté entre ses 26 condamnations.
Il avait réceptionné la livraison des couteaux, jetés le jour de l'agression par
dessus le mur d'enceinte, puis il devait ensuite les cacher.

"Pourquoi avez vous fait ça?", lui demande la présidente. "Parce que j'étais seul,
eux (Ibad Ally et Sabeur) ils avaient des amis", a répondu Frédéric Schott. Et
même s'il a admis s'être fait un peu "chahuter" par la victime Mehdi Ziani, il
n'y avait pas de véritable contentieux entre eux. 
Le jeune homme, alsacien d'origine et qui ne recevait pas de visite à la prison de Tarascon, a admis s'être joint aux agresseurs parce qu'il leur était redevable.

Le verdict est attendu vendredi après-midi.

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