Alpes de Haute-Provence : il y a 70 ans l'affaire Dominici, début d'un feuilleton judiciaire qui a passionné la France

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Écrit par Marie Joan

Le 5 août 1952 à Lurs, dans un petit bourg des Alpes-de-Haute-Provence, les trois corps d'une famille anglaise étaient retrouvés par les gendarmes. Après plusieurs rebondissements judiciaire, le mystère perdure.

Une nuit d'été macabre, le 4 août 1952, un couple d'Anglais et leur fille de 10 ans : la famille Drummond est assassinée à la carabine. Le lendemain matin, les gendarmes de la brigade d'Oraison retrouvent les trois corps le long de la RN96. En vacances dans la région, la famille britannique avait décidé de camper sous la tente non loin de là. 

Ce fait divers demeure, 70 ans après, l'un des plus grands mystères criminels d'après guerre aux nombreux rebondissements. Une affaire que Jean-Louis Vincent, commissaire de police à la retraite, qui a écrit une contre-enquête sur le sujet qualifie de "Hors-norme", un vrai feuilleton tant il y a eu de péripéties.

De nombreux films, séries et livres ont été réalisés sur le sujet, qui va être un temps éclairci avec l'arrestation d'un coupable, mais qui va très vite retomber dans des zones d'ombre et d'incertitude. 

Rétrospective de l'affaire Dominici grâce aux archives de l'INA. ©INA

Le patriarche, Gaston Dominici

L'affaire tire son nom de la famille Dominici, qui vit juste à côté des lieux du meurtre, dans la ferme de Grand'Terre.Très vite le "clan Dominici" est accusé du meurtre. "Ce qui fait que cette affaire fait un bruit énorme c'est aussi avec les protagonistes hauts en couleur, on avait d'un côté le père de famille britannique Jack Drummond, scientifique renommé dans son pays. Et de l'autre Gaston Dominici, le patriarche bourru et silencieux qui élève des chèvres" raconte Jean-Louis Vincent, qui a contre enquêté pendant plus de 15 ans sur l'affaire. 

L'enquête piétine, au sein de la famille Dominici les aveux, démentis et accusations se succèdent. Et enfin Gaston Dominici, 77 ans, qui finit par passer aux aveux. Il est arrêté puis jugé et sera reconnu coupable le 28 novembre 1954 du triple meurtre et condamné à mort, malgré de nombreux doutes et zones d'ombres de l'enquête. 

Devant les incertitudes de l'enquête, Gaston Dominici est finalement gracié par le Général de Gaulle, le 14 juillet 1960 et libéré. Plus de 70 ans après, le mystère persiste encore sur l'identité du ou des assassins. 

Une affaire qui n'a pas révélé tous ses secrets

L'ancien commissaire à la retraite qui s'est intéressé à l'affaire quand il a vu toutes les théories farfelues, mensonges et manipulations sur l'identité du meurtrier. Il a alors décidé de reprendre l'enquête et d'éplucher tous les dossiers avec l'expertise de son ancien métier pour " apporter la vérité aux lecteurs " avec son livre contre enquête.

Aujourd'hui, il en est persuadé : " il n'y a pas d'hésitations sur le fait que la famille Dominici soit liée à l'affaire. Moi je pense que Gaston Dominici a assassiné les parents" explique Jean-Louis Vincent. 

Mais le doute persiste pour lui, sur le meurtre d'Elisabeth, la jeune fille âgée de 10 ans du couple britannique, elle assassinée à coups de crosse tandis que ses parents ont été tués par les balles d'une carabine.

Pour Jean-Louis Vincent, Gaston n'est pas le seul coupable. " Je pense qu'il y avait plusieurs membres de la famille pour tuer la jeune fille, je ne sais pas qui a frappé, mais c'est une œuvre commune. Elle dormait à côté dans la voiture et ils ont décidé de l'éliminer, car ils avaient peur qu'elle puisse parler" raconte t'-il. 

La vérité, la vrai, l'ancien commissaire aimerait l'entendre. Mais il doute aujourd'hui de la connaitre un jour. "Aujourd'hui, je pense que Yvette Dominici, la belle fille de Gaston, aujourd'hui âgée de 90 ans la connait la vérité, mais elle ne veut pas parler, elle dit que l'affaire a fait trop de mal à sa famille."