Forcalquier : ils se sont lancés dans l'élevage de petites bêtes, les escargots !

Un specimen d'escargot dit "Gros gris". / © Aubree Mulot
Un specimen d'escargot dit "Gros gris". / © Aubree Mulot

Ils sont trentenaires et sont éleveurs d'escargots. Un véritable choix après être passés par les abeilles. Leur ferme d'héliciculture créée il y a deux ans se développe, et a gagné sa renommée auprès des restaurateurs de la région. 

Par Ghislaine Milliet

Aubree Mulot et Cédric Adrian, deux enfants de la région, se sont lancés voilà deux ans dans l'aventure de l'élevage des petites bêtes. Après des tentatives difficiles en apiculture, ils ont fini par abandonner les abeilles pour ne se consacrer plus qu'aux gastéropodes.

Nous ne voulions ni des ovins, ni des bovins. Mais des bêtes beaucoup plus petites

explique Aubree.
Dans leur ferme Apis-Hélis, le couple élève deux espèces endémiques sur le sol français : les petits gris et les gros gris (moins gros tout de même que l'escargot de Bourgogne). 
Et au bout de deux ans, leur entreprise commence à porter ses fruits. Cédric a suivi deux formations sur l'élevage des escargots, et un ancien éleveur, parmi leur voisinage, leur donne les conseils appropriés à la culture toute particulière des gastéropodes.
Car les escargots, s'ils ne sont pas difficiles sur les conditions climatiques, n'aiment pas les écarts trop brusques de température, il leur faut aussi un certain taux d'hygrométrie.

Deux millions de naissances

La ferme Apis-Hélix possède aujourd'hui des centaines de milliers d'escargots, répartis sur sept parcs en plein air. Près de deux millions de naissances ont eu lieu l'an dernier. Le jeune couple a revendu une partie des naissains à d'autres éleveurs. 
Ce type d'escargots intéresse de nombreux restaurateurs. / © Aubree Mulot
Ce type d'escargots intéresse de nombreux restaurateurs. / © Aubree Mulot

Après deux années de restriction, Aubree espère "qu'on pourra se payer" en 2018. Pour arriver à l'équilibre, "il nous faudrait une dizaine de parcs", poursuit-elle. 
Nourris au colza bio de leur propore culture, les escargos du jeune couple ont gagné une bonne renommée auprès des restaurateurs de la région.

On intéresse toutes sortes de restaurateurs : ça va de la pizzéria à l'hôtel 4 étoiles

Cédric est ancien chef cuisinier et il propose des recettes gourmandes, vendues dans des magasins de Forcalquier. Il y a bien sûr les traditionnels escargots au beurre persillé, mais il rajoute une recette à la girolle "qui marche très bien" et une autre au beurre de roquefort.
Pour l'instant, le laboratoire nécessaire pour la transformation en produits culinaires est situé à Lurs. "Un peu compliqué d'avoir à louer et à se déplacer", mais "c'est ainsi pour l'instant. Aménager un laboratoire coûte environ 80000 euros", explique encore Aubree.
Cela fait partie des projets d'avenir. En attendant, l'année 2018 s'annonce sous de bons auspices pour les jeunes éleveurs.



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