"Dans les airs, je suis libre" : l'Antiboise Salomé Gilles est l'une des rares femmes pilotes de voltige en France

Elle a fait de sa passion son métier. A 31 ans, la pilote antiboise Salomé Gilles est dans son élément à bord de sa "Formule 1 avec des ailes". En septembre, elle disputera le championnat de France de voltige aérienne avec l'espoir d'être sélectionnée pour les mondiaux en 2021.

Salomé Gilles est devenue pilote en 2014. Elle a commencé la voltige deux ans plus tard.
Salomé Gilles est devenue pilote en 2014. Elle a commencé la voltige deux ans plus tard. © Instagram @SaloméGillesAerobatics
"Rien ne me prédestinait à voler et je suis fière d'avoir réussi ce pari." A 31 ans, Salomé Gilles peut dire qu'elle a réalisé un rêve d'enfant : piloter son propre avion.

Elle est aujourd'hui l'une des rares Françaises à pratiquer la voltige aérienne à haut niveau : dans ce cercle encore très fermé, elles ne sont qu'une dizaine de professionnelles, réparties dans tout l'Hexagone.

La pétillante Antiboise s'entraîne cet été pour l'Open de France et le championnat de France de voltige aérienne, deux compétitions mixtes qui se tiendront à la mi-septembre à Châteauroux dans l'Indre. A l'issue de ces épreuves, elle espère faire partie des premiers au classement et ainsi être sélectionnée en équipe de France pour les mondiaux en 2021. 

A 20 ans, elle découvre l'aviation

Dès l'âge de 18 ans, Salomé Gilles enchaîne les petits boulots de serveuse sur les plages d'Antibes et Juan-les-Pins. Passionnée d'avions depuis toujours, elle n'a alors à l'époque jamais pratiqué le pilotage. "La discipline me fascinait, mais je pensais que ce n'était pas pour moi : mon père me disait que pour piloter, il fallait être riche ou connaître quelqu'un dans l'aéronautique."

Pour ses 20 ans, sa meilleure amie lui offre un baptême de l'air : pour la jeune femme, c'est la révélation.

Dans les airs, je me suis sentie libre. Il n'y avait plus de limites, j'ai adoré ça.

Cinq ans plus tard, Salomé Gilles passe son brevet de pilote à l'aéroclub d'Antibes. A l'âge de 27 ans, elle franchit un nouveau cap : elle veut faire de la voltige aérienne. Elle s'inscrit alors à un stage dans la Creuse, où elle découvre aussi bien la discipline... que la mécanique. "Je suis très curieuse de nature, je voulais savoir comment fonctionnait les avions. J'ai d'ailleurs travaillé dans le milieu de la mécanique par la suite."
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La voltige aérienne pour faire le plein d'adrénaline

En 2017, c'est la consécration pour cette battante : elle remporte le championnat de France de voltige aérienne, deux ans seulement après ses débuts. Un exploit qu'elle espère bien renouveler. Depuis quelques années, la pilote s'entraîne beaucoup, principalement au Castellet dans le Var. A bord de son Extra 330, "une Formule 1 avec des ailes", elle profite des sensations.

L'avion fait seulement 650 kilos pour 330 chevaux. La plupart des figures se réalisent à 350-400 km/h, donc c'est intense. Mais c'est tellement agréable d'apprendre à maîtriser sa machine.

Salomé Gilles le reconnaît, il lui arrive parfois d'avoir peur. "L'hiver, on arrête souvent l'entraînement pendant plusieurs mois. Alors, quand il faut reprendre, il y a souvent de l'appréhension. Mais très vite, on retrouve ses repères."

La voltige aérienne consiste à créer une chorégraphie dans les airs. Pour que la performance soit réussie, les figures doivent être réalisées avec précision et le plus proche possible du sol.

Transmettre sa passion au plus grand nombre

Tout comme d'autres sports aéronautiques, la voltige aérienne reste aujourd'hui une discipline peu connue. "Je me souviens quand j'ai commencé à voler : je voulais raconter à ma famille ce que je faisais mais ils avaient parfois du mal à comprendre cet univers."

En 2016, elle crée donc sa page Youtube et partage des tutoriels vidéos sur le pilotage. "J'adore transmettre et tant mieux si ces vidéos peuvent créer des vocations", sourit-elle.Pour autant, l'Antiboise ne voit pas encore coach dans sa discipline. "Je préfère me concentrer sur ma carrière d'athlète pour l'instant. Car il y a encore beaucoup à faire !"
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