Antibes : les secrets de l'entretien des arbres centenaires de la villa Thuret

Comment prendre soin d'arbres plus que centenaires ? Direction le jardin botanique de la villa Thuret, en plein coeur du Cap d'Antibes. Les scientifiques de l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) nous livrent la clé de leur longévité.

Respecter l'architecture de l'arbre avant toute intervention, telle est la clé.
Respecter l'architecture de l'arbre avant toute intervention, telle est la clé. © RICHARD DE SILVESTRO / FTV
Pour George Sand, c'est le plus beau jardin qu'elle ait vu de sa vie. C'est ce qu'elle écrit dans ses  Lettres d’un voyageur . Nous sommes en 1868, quelques années après la création du site par Gustave Thuret en plein Cap d'Antibes. Le botaniste acclimate des végétaux exotiques et son travail sera repris par ses ses successeurs.
Ces arbres ont plus de 100 ans.
Ces arbres ont plus de 100 ans. © RICHARD DE SILVESTRO / FTV


Depuis 1878 le jardin botanique est propriété de l'Etat et il est géré par l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique). Il vaut le détour, c'est un lieu extraordinaire à tous égards.
 
Pour entretenir ce jardin botanique, il faut toute l'expérience et la passion des chercheurs de l'INRA.

Les arbres ont un rôle très important au niveau de l'environnement et de la biodiversité. Ils sont pour nous des soutiens formidables pour l'ombre, la fraîcheur, pour tenir les sols. Ce sont des êtres vivants tout à fait exceptionnels qu'il faut respecter.

Catherine Ducatillion, directrice de l'unité expérimentale de la villa Thuret.

Les experts au chevet de 3 arbres

Pour traiter un pin de 24 mètres de haut, l'un des plus hauts du site, il faudra grimper au plus haut et disposer des cordages... Il ne faudra surtout pas retirer des branches, mais respecter l'architecture de l'arbre. Si on casse son mouvement général, on établit des contraintes et il faut bien réfléchirà sa réaction en cas de coup de vent par exemple.
 

C'est très important de ne pas couper de branches. Si on le fait, on créé des entrants potentiellement pathogènes et c'est là qu'on commence à avoir des problèmes. Un arbre, moins on l'élague, mieux il se porte !

Norbert Turion, technicien forestier de INRA



Pour cet arbre, comme pour deux eucalyptus, les branches seront donc renforcées à l'aides de cordes, et le mouvement naturel sera donc respecté.
Le "fantôme blanc", c'est le nom donné par les visiteurs à cet eucalyptus qui a l'âge du jardin, soit 150 ans.
 
Cet eucalyptus a 150 ans.
Cet eucalyptus a 150 ans. © RICHARD DE SILVESTRO / FTV
 
Il sera traité, le frelon est passé par là et il a fait un nid qui sera éliminé !
 
Un système de cordage permet de rééquilibrer les branches.
Un système de cordage permet de rééquilibrer les branches. © RICHARD DE SILVESTRO / FTV

Une visite au jardin Thuret permet au visiteur de constater que les arbres respectent la distanciation sociale. Les pins parasols par exemple, s'approchent les uns des autres mais ne se toucheront pas. En fait, ils stoppent leur croissance horizontale en présence de leurs congénères. C'est ce qui s'appelle la timidité des cimes, un phénomène naturel, encore mal compris des scientifiques ! 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement nature
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter