Journée mondiale de lutte contre le sida : "c'est une maladie qui fait moins peur, mais elle tue encore", rappelle un médecin à Antibes

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Le 1er décembre, c'est la journée mondiale de lutte conte le sida. Nous avons échangé avec un médecin à Antibes (Alpes-Maritimes) pour faire le point sur ce virus.

Dans un rapport publié par l'ARS, la région PACA fait office de bon élève en matière de dépistage. Elle est largement au-dessus de la moyenne nationale, avec 91 personnes sur 1000 ayant effectué un test de sérologie en 2020.

"C'est une très bonne chose", se félicite la médecin, Eva Fargue, qui travaille comme sexologue au sein du centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) d'Antibes (Alpes-Maritimes). La spécialiste insiste : "le dépistage est très important pour freiner l'apparition de la maladie".

1 test sur 1000 s'avérait être positif en Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2020.

C'est quoi la Journée mondiale de lutte contre le Sida ?

La Journée mondiale de lutte contre le SIDA a été établie en 1988 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Tous les ans, c'est l'occasion d'une mobilisation mondiale contre le VIH/Sida, de mettre en place des actions d'information, de prévention et de sensibilisation.

Cette journée représente aussi une journée de mémoire et de souvenir en l'honneur des personnes décédées de la maladie.

En France, 150.000 personnes sont porteuses du VIH, virus de l'immunodéficience humaine, qui entraîne l'apparition du sida. L'année dernière, 6.000 nouveaux cas ont été découverts.

Vers un vaccin ? 

"C'est une maladie qui fait moins peur, pourtant elle tue encore", rappelle Eva Fargue. Selon ONU sida, en 2021, 650.000 personnes sont mortes de cette maladie. Depuis sa propagation dans les années 80, elle a tué près de 40 millions de contaminés.

Lorsque l'on est atteint, une association de trois médicaments est habituellement prescrite, c’est la trithérapie qui a permis de faire diminuer de plus de 75% le développement des infections et le passage au stade ultime (SIDA) de l’infection.

Tous les traitements disponibles actuellement ne permettent pas de guérir la maladie puisque le virus reste présent dans l’organisme. Ils permettent d’éviter l’évolution de l’infection et, pour cela, ils doivent être pris de façon très régulière sans oubli.

En novembre 2022, le professeur d’immunologie Yves Lévy a déclaré avoir développé avec son équipe une injection dans l’espoir de réaliser un vaccin contre le sida. Pour l’instant en phase de test, leur technologie a validé les deux premières étapes. "Trouver un vaccin contre le VIH est un vrai défi ! Ce n’est pas un virus comme les autres", a-t-il expliqué dans un entretien accordé au Parisien.

Combattre les clichés

Certains préjugés ont encore la vie dure. Au quotidien, les personnes séropositives sont confrontées à des discriminations liées à la méconnaissance. "Il est encore difficile de dire qu’on est séropositif dans l'espace public", rappelle Eva Fargue, docteure au CeGiDD d'Antibes.

Mais elle précise qu'il y a du progrès. "En 30 ans, les choses ont évolué, il faut continuer à faire de la prévention pour casser les clichés."

Selon une enquête du CSA pour le Centre régional d'information et de prévention du sida, 73% des Français ignorent qu'une personne séropositive sous traitement ne peut pas transmettre le virus. Elle ne peut aussi transmettre le virus en embrassant quelqu'un et le VIH n'est pas un virus d’homosexuels et de toxicomanes.

Pour rappel, voici les modes de transmissions de la maladie :

  • par pénétration (anale ou vaginale) lors d’un rapport sexuel
  • par transfusion sanguine
  • par le partage d’aiguilles contaminées
  • mais aussi de la mère à l’enfant au cours de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement.

Si vous avez besoin d'aide, appelez Sida Info Service au 0 800 840 800 (appel gratuit et anonyme).

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