Margot est en formation chez les Compagnons du Devoir : "on nous demande beaucoup d’autonomie, de discipline et de rigueur"

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Écrit par Laurent Meney
Margot Canu est chez les Compagnons du Devoir depuis 3 ans
Margot Canu est chez les Compagnons du Devoir depuis 3 ans © Margot Canu

Chaque année durant un week-end, les Compagnons du Devoir ouvrent leur porte. A Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, les curieux pourront rencontrer des apprentis et découvrir une trentaine de métiers.

"Faut pas avoir peur, on est un peu comme une famille !" En voilà un beau résumé de la philosophie des Compagnons. Margot Canu n’a que 20 ans mais déjà une tête bien faite. Peut-être la croiserez-vous si vous allez du côté d'une pâtisserie du centre-ville de Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes car la jeune femme y fait ses gammes : "en ce moment ce sont les galettes". Pas si simple d’ailleurs de l’aveu de l’apprentie de bien réussir ce standard incontournable de la pâtisserie.

D’ici quelques semaines, il faudra déjà s’intéresser à Pâques, ajoute-t-elle enjouée.

Par hasard

Il y a trois ans c’est par hasard qu’elle entend parler des Compagnons du Devoir : "j’étais en CFA, centre de formation des apprentis, à Paris" explique Margot et une de mes amies s’apprêtait à entrer chez les Compagnons. Ni une ni deux, la future pâtissière est séduite : l’idée de voyager c’est cela qui m’a plu."

Les Compagnons font en effet le tour de France des régions dans le cadre de leur apprentissage : "l’année dernière j’étais à Bayonne et cette année à Cagnes-sur-Mer".

Des villes choisies par les apprentis eux-mêmes.

Margot mesure le chemin parcouru : "quand j’ai fait le choix du compagnonnage mes parents étaient contents". Son père maçon, sa mère cuisinière. "Ils m’ont encouragé dès la première minute" résume-t-elle.

Au départ, je redoutais la vie en communauté mais finalement je me suis vite habituée

Margot Canu

Passée l’adaptation à cette vie nouvelle d’autres difficultés interviennent, des exigences : "on nous demande beaucoup d’autonomie, de discipline et de rigueur. C’est dans un premier temps plutôt intimidant, on se demande si on va pouvoir le supporter, puis au final, j’ai adoré !"

Margot n’est pas un cas à part car chaque année en France, plus de 5000 apprentis sont formés à travers 58 maisons de Compagnons du Devoir.

A Cagnes-sur-Mer, il y a 70 résidents dont 16 filles. "Car les Compagnons s’ouvrent aux femmes" explique son directeur que l’on appelle ici le Prévôt de la maison.

Florian Journet résume son rôle ainsi : "veiller au bien être physique et mental des apprentis mais aussi assurer la promotion des élèves auprès des recruteurs. On a un lieu fort avec les entreprises."

Quant à la philosophie des Compagnons, Florian Journet la résume ainsi :

notre institution a 600 ans d’âge, nous sommes dans le partage et la transmission d’un savoir, l’entraide aussi. On essaie de véhiculer un message positif,

Florian Journet.

Ouvert à tous

Mais les Compagnons sont ouverts à tous, pour peu que l’on veuille pénétrer dans l’école de la rigueur. "Il n’y a pas de mauvais candidats" résume le Prévôt. "On peut avoir un jeune qui n’aime pas l’école mais qui va se révéler ici."

Les Compagnons du Devoir propose pas moins de 30 formations, cela va des métiers du bâtiment au pâtissier en passant par les métiers de l’industrie, les métiers du vivant etc.

Il ajoute : "l’an passé cent candidatures sont arrivée sur son bureau, quatre-vingt-dix ont été retenues."

Pendant les journées portes-ouvertes, les apprentis vont à la rencontre des postulants.

Margot Canu sera présente : "Il faut parfois les rassurer car certains n’ont que 15 ans et quitter leur famille ça peut être compliqué". Et de conclure positivement : "qui ne tente rien n’a rien !"

90% des jeunes ont un emploi à l’issue de leur tour de France.

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