Des pompiers des Alpes-Maritimes partent en Grèce pour lutter contre les incendies sur l'île d'Eubée

23 sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes sont partis hier soir du Codis de Cagnes-sur-Mer pour aller prêter main forte à leurs collègues grecs. Sur place, les pompiers livrent leur 7ème jour de bataille contre le brasier de l'île d'Eubée. Plus de 56.000 hectares ont été ravagés en dix jours.

La solidarité contre les incendies se propage... aussi vite que les flammes du brasier grec. Dimanche soir, 23 sapeurs-pompiers sont partis en colonne du Codis de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) pour aider leurs collègues grecs sur l'île d'Eubée. L'une des plus grands îles grecques en proie à de violents incendies depuis une semaine. 

Quatre camions citerne

Les sapeurs-pompiers azuréens doivent d'abord passer la frontière italienne à Vintimille puis ils rejoindront la Grèce par voie maritime. Etape à Bari en Italie pour prendre le ferry afin d'y embarquer le personnel et les engins. Le SDIS 06 envoie également quatre camions citerne. D'autres sapeurs-pompiers français des Bouches-du-Rhône sont déjà sur place depuis quelques jours.

Un départ salué sur Twitter par les autorités. Le président du département des Alpes-Maritimes Charles-Ange Ginésy apporte tout son soutien aux soldats du feu qui vont lutter contre les flammes en Grèce. 

Les soldats du feu continuaient lundi pour le 7ème jour consécutif leur combat contre le brasier d'Eubée, à 200 km à l'est d'Athènes, où les uns après les autres, les villages du nord de cette île grecque étaient assiégés par les flammes. La plupart des feux étaient stabilisés ou en rémission lundi en Grèce mais le sinistre d'Eubée, la deuxième plus grande île de Grèce, restait le plus préoccupant.

C'est un panorama apocalyptique : des fumées épaisses et étouffantes enveloppaient lundi matin la zone côtière de Pefki, d'où des centaines villageois ont été évacués par la mer lundi matin. 

Des dizaines de villages assiégés

En l'absence de moyens aériens la nuit, les pompiers ont lutté jusqu'à l'aube à Monokarya, pour empêcher le feu d'atteindre la ville d'Istiaia, menacée par les flammes. Un à un, des dizaines de villages assiégés par le feu ont été évacués de leurs habitants alors que les flammes engloutissaient les premières maisons.

Les villages de Kamatriades et Galatsades devaient être les priorités des pompiers lundi. Car "si le feu passe par là, il se trouvera dans une forêt épaisse et difficile à éteindre", selon les pompiers cités par l'ANA. Parmi les quelque 650 soldats du feu opérant lundi matin sur l'île, figurent quelque 250 pompiers venus notamment de Serbie et de Roumanie, renforcés par 11 avions et hélicoptères bombardiers d'eau, a précisé la protection civile.

Forces insuffisantes 

Giorgos Kelaïtzidis, le vice-gouverneur d'Eubée, a dénoncé, comme beaucoup d'autres, des forces "insuffisantes" alors que "la situation est critique" sur l'île. Selon lui, au moins 35.000 hectares et des centaines de maisons ont brûlé. La Grèce traverse depuis près de deux semaines une vague d'incendies violents, favorisés par la sécheresse et des températures caniculaires, qui ont fait deux morts et des dizaines de blessés hospitalisés.

Aux portes d'Athènes, le sinistre qui a détruit des dizaines d'habitations et d'entreprises était en rémission depuis dimanche mais le danger de reprise reste élevé.

56.000 hectares de forêt ravagés 

De nombreuses forces terrestres continuaient lundi matin de lutter contre les flammèches au pied du mont Parnès, en particulier les unités venues d'Israël mais aussi de Chypre et de France dans le cadre du dispositif européen d'aide aux incendies,
selon les pompiers. 

Plus de 56.000 hectares ont été ravagés ces dix derniers jours en Grèce, selon le Système européen d'information sur les feux de forêts (EFFIS). Quelque 1.700 hectares avaient été brûlés en moyenne sur la même période entre 2008 et
2020.
    

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