Pompiers de la région Paca en Grèce, la solidarité européenne est activée

Les incendies ravagent la Grèce, sur les 80 pompiers français partis prêter main forte, 70 sont de la région Paca. La décision n’est pas prise dans l’affolement, bien au contraire. La solidarité européenne est puissante dans ce domaine. Puissante et organisée.

La Grèce a demandé de l’aide à l’Europe. Les pompiers ont été alertés mercredi. Ils sont partis jeudi pour une mission de deux semaines.

Les pompiers qui sont arrivés en Grèce sont tous spécialisés en feu de forêt. Ils sont également capables de déployer des tuyaux sur des kilomètres et peuvent être héliportés sur des points précis de l’incendie. C’est la formation DIH, Détachement d’Intervention Héliporté.

Pas d'affolement, beaucoup d’anticipation

Chaque semaine, voire plusieurs fois par semaine, le point est fait sur les disponibilités. A Paris, le Cogic, centre opérationnel de gestion interministérielle de crise, sait précisément quel matériel et combien de personnes peuvent partir.

Certains pompiers sont spécialisés dans les séismes, les inondations ou le feu… Tout est inventorié. Chaque pays en fait autant.

Lorsqu'une catastrophe touche une nation européenne, le centre Emergency Response Coordination Centre (ERCC), basé à Bruxelles, est alerté. Le pays touché déclare ce qui lui arrive (un séisme, par exemple) et ce qu'il demande (des spécialistes en sauvetage déblaiement.)

L'ERCC va ensuite répercuter l'information au centre opérationnel de chaque pays européen. La décision d'un départ doit être validée par le président de la république et le ministre de l'intérieur. 

La Grèce a lancé un appel. Les Français envoient des hommes, d’autres pays envoient des avions. Cette organisation est née en 2001 de l'ancienne pagaille pendant les coopérations entre membres de la communauté.

Pour partir sur ces missions à l’étranger, les pompiers doivent avoir un passeport en règle, des vaccins à jour, de l’essence dans les tronçonneuses, des bouteilles d'oxygène conditionnées pour prendre l’avion... Une liste de préparatifs sans fin... à préparer en 24 ou 36 heures.

Une fois sur place, les pompiers doivent réussir à communiquer. Le cadres doivent parler anglais. Pour échanger avec la population mais aussi entre eux. Les pompiers sont entrainés à convaincre un douanier récalcitrant, des policiers qui refusent de les laisser pénétrer sur la zone d'intervention, des maires qui se contredisent...

Missions commando

" Tous les pompiers ne souhaitent pas partir sur ces missions" explique le colonel Marc Dumas, chef du pôle de l’action et de l’anticipation du SDIS 13 "un très bon technicien en France ne l’est pas forcément à l’étranger."

Mais d'autres pompiers sont très volontaires pour partir. "On apprend beaucoup pendant une catastrophe. Les gens souffrent, on apprend des autres, beaucoup d’humilité," raconte le colonel, qui connait aussi ces missions"les séismes sont souvent difficiles. On a des conditions de vie très dégradées, sous des tentes."

Le colonel Dumas a reçu cette aide européenne, lui aussi "lorsqu’on a travaillé pendant 3 semaines sur les inondations à Arles, en 2003, c’était vraiment réconfortant de voir arriver des pompiers belges, italiens et allemands."

Les pompiers apprennent de leurs collègues européens. Actuellement en Grèce, de nombreux spécialistes du feu de forêt de toute l'Europe se côtoient et échangent leurs techniques.

Cette coordination prend une autre forme avec des moyens apportés par l'Europe. L'Union Européenne finance du matériel. Pour renforcer les moyens des pompiers, ce matériel est pris en charge à hauteur de 80 à 90%.

Une initiative très intéressante pour les secours. En contrepartie, ce matériel devra être disponible quand l'Union Européenne le demandera. 

80 pompiers français interviennent actuellement en Grèce :

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