Cannes 2021 : Julia Ducournau devient la seconde femme à remporter la Palme d'or, découvrez le reste du palmarès

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Écrit par Marion Fontaine & Manon Hamiot.

Entre Covid-19, protocole sanitaire et soleil estival, l'édition 2021 du Festival de Cannes était particulière pour les festivaliers comme les artistes. "Titane", de la française Julia Ducournau, remporte la Palme d'or de cette 74e édition. On vous dévoile tous les noms.

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De retour après un an d'absence, le Festival de Cannes 2021 s'est déroulé dans un contexte particulier et, surtout, exceptionnel. Repoussée à juillet (le festival se tient traditionnellement en mai), menacée par une pandémie mondiale, la 74e édition a pourtant tenu bon. Et nous a offert deux semaines de masques, de paillettes et de cinéma sous le soleil de plomb de la Côte d'Azur, du 6 au 17 juillet. 

>> Retrouvez toute l'actualité de cette 74e édition du Festival de Cannes sur notre page spéciale.

Spike Lee et son jury composé de Mati Diop, Mylène Farmer, Maggie Gyllenhaal, Jessica Hausner, Mélanie Laurent, Kleber Mendonça Filho, Tahar Rahim et Song Kang-ho ont passé la journée du samedi à délibérer. Au total, 24 films étaient en compétition officielle. 

Alors que le clap de fin retentit, qui pour succéder à Parasite, du sud-coréen Bong Joon-ho, Palme d'or 2019 ? 

 

  • Palme d'or : Titane de Julia Ducournau

La Palme d'or est attribuée à Titane, de Julia Ducournau. La réalisatrice française devient la seconde femme de l'histoire du Festival de Cannes à remporter cette récompense suprême. La première femme à l'avoir remporté était Jane Campion pour The piano, en 1993.  

Aucun film n'est parfait. On dit même du mien qu'il est monstrueux. Pour moi, la perfection est une impasse. En récompensant mon film, le jury reconnait le besoin viscéral qu'on a d'un monde plus inclusif et plus fluide. Merci au jury de laisser rentrer les monstres.

Julia Ducournau 

  • Grand Prix (ex-aequo)Un héros de  Asghar Farhadi et Hytti ndo 6 (Compartiment n°6) de Juho Kuosmanen

Situation tout à fait inhabituelle dans un Festival de Cannes : il y a deux ex-aequo dans deux catégories (Grand Prix et Prix du Jury). Un héros de l'iranien Asghar Farhadi et Hytti ndo 6 (Compartiment n°6) du finlandais Juho Kuosmanen ont tous les deux été récompensés par le Grand Prix, plus haute distinction après la Palme d'or. 

Un héros d'Asghar Farhadi "est un très beau film, émouvan. Il y a un peu de dénonciation sociale, c'est très malin. Asghar Farhadi joue avec la censure, il y a donc plein de sous-entendus", nous disait Samuel Douhaire, chef du service écran à Télérama. 

  • Prix du jury (ex-aequo)Le Genou d'Ahed, de Nadav Lapid & Memoria de Apichatpong Weerasethakul

Le Genou d'Ahed, de Nadav Lapid (film franco-israélien) & Memoria de Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande) ont tous les deux reçu le Prix du jury.

Le réalisateur thaïlandais, qui a déjà reçu une Palme d'or en 2010, fait de son discours de remerciement un appel à l'espoir : "Dans cette période étrange, le cinéma nous a rapprochés. Je veux envoyer une vibration d'espoir à ceux qui vivent ici et ailleurs : aidons-nous les uns les autres, soyons en paix les uns avec les autres"

Je pense à la pandémie, qui n'a pas toujours été bien gérée. J'en appelle aux gouvernements thaïlandais, colombien, et les autres : je leur supplie de se réveiller.

Apichatpong Weerasethakul

  • Prix d'interprétation féminine : Renate Reinsve

L'actrice norvégienne Renate Reinsve, dans Julie (en 12 chapitre) de Joachim Trier (Norvège). Elle incarne Julie, une trentenaire intelligente et curieuse mais terriblement indécise, qui n'arrive pas à se fixer dans sa vie. 

  • Prix d'interprétation masculine : Caleb Landry Jones

L'américain Caleb Landry Jones, dans Nitram de Justin Kurzel. Dans ce film, inspiré d'un tragique fait divers australien, il y incarne Nitram, jeune homme renfrogné, colérique, désœuvré. Lorsque la femme qu'il aime disparait dans un tragique accident, il vivra une descente aux enfers qui lui fera commettre l'irréparable. 

>>> A lire aussi : Festival de Cannes 2021 : plaidoyer vibrant contre les armes, "Nitram" revient sur la tuerie de Port-Arthur

  • Prix de la mise en scène : Annette, de Leos Carax

Le réalisateur français Leos Carax a remporté le Prix de la mise en scène pour son film, Annette. Cette comédie musicale déjantée, portée par Marion Cotillard et Adam Driver, était le film d'ouverteure de cette 74e édition du Festival de Cannes. En l'absence de Leos Carax, l'un des musiciens du groupe Sparks (qui a coécrit et mis en musique le film) a reçu le prix. "Ce n'est pas seulement un grand réalisateur français mais un immense cinéaste", a-t-il déclaré.

  • Prix du scénario : Ryusuke Hamaguchi et Takamasa Oe pour Drive my car

Les Japonais Ryusuke Hamaguchi et Takamasa Oe pour Drive my car. Ryusuke Hamaguchi, qui est aussi le réalisateur du film, reste humble : "Si le scénario vous a paru bon, c’est parce qu’il a été très bien interprété. Je tiens à remercier mes comédiens et toute l'équipe"

  • Palme d'or d'honneur : Marco Bellocchio

Marco Bellocchio a reçu la Palme d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Le cinéaste italien a notamment réalisé Le traître (2019), Buongiorno, notte (2003) ou encore Les poings dans les poches (1965). 

Les bonnes choses que j'ai réussi à faire ont toujours requis de deux choses : de l'imagination et du courage. L'un et l'autre vont de pair dans notre métier. Un réalisateur doit faire preuve de courage.

Marco Bellocchio 

  • Palme d'or du court-métrage : Tous les corbeaux du monde, de Yi Tang

Tian xia wu ya (Tous les corbeaux du monde), de Yi Tang (Hong-Kong). Quatorze minutes sur  Shengnan, lycéenne de 18 ans, qui est poussée à faire son entrée dans le monde adulte après une aventure nocturne.

  •  Mention spéciale du court-métrage : Le ciel du mois d'août, de Jasmin Tenucci

Céu de Agosto (Le ciel du mois d'août), de Jasmin Tenucci (Brésil), court-métrage de 15 minutes sur une infirmière enceinte de Sao Paulo se retrouve dans une église néo pentecostal, alors que la forêt amazoninne brûle.

  •  Prix de la caméra d'or : Murina, d'Antoneta Alamat Kusijanovic

Murina, le premier film de la croate d'Antoneta Alamat Kusijanovic. La réalisatrice n'était pas présente lors de la cérémonie : la veille, elle a donné naissance à son enfant. 

 

Etaient sélectionnés en compétition officielle cette année : 

  • Annette de Leos CARAX (France)
  • A feleségem története (l'histoire de ma femme) de Ildikó ENYEDI (Hongrie)
  • Benedetta de Paul VERHOEVEN (Pays-Bas)
  • Bergman Island de Mia HASEN-LØVE (France)
  • Drive my car de Ryusuke HAMAGUCHI (Japon)
  • Flag day de Sean PENN (États-Unis)
  • Ha'berech (Le genou d'Ahed) de Nadav LAPID (Israël)
  • Haut et fort de Nabil AYOUCH (Maroc)
  • Hytti ndo 6 (Compartiment n°6) de Juho KUOSMANEN (Finlande)
  • Julie (En douze chapitres) de Joachim TRIER (Norvège)
  • La fracture de Catherine CORSINI (France)
  • Les intranquilles de Joachim LAFOSSE (Belgique)
  • Les Olympiades de Jacques AUDIARD (France)
  • Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh HAROUN (Tchad)
  • Memoria de Apichatpong WEERASETHAKUL (Thaïlande)
  • Nitram de Justin KURZEL (Australie)
  • France de Bruno DUMONT (France)
  • La fièvre de Petrov de Kirill SEREBRENNIKOV (Russie)
  • Red Rocket  de Sean BAKER (États-Unis)
  • The French dispatch de Wes ANDERSON (États-Unis)
  • Titane de Julia DUCOURNAU (France)
  • Tre Piani de Nanni MORETTI (Italie)
  • Tout s'est bien passé de François OZON (France)
  • Un héros de Asghar FARHADI (Iran)

Les dix dernières Palmes d'or :

Le 74e Festival de Cannes s'achève samedi soir avec 24 films en compétition pour remporter la prestigieuse Palme d'or. Rappel des derniers lauréats :

  • 2019 : Parasite de Bong Joon-ho (Corée du Sud)
  • 2018: Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda (Japon)
  • 2017: The Square de Ruben Östlund (Suède)
  • 2016: Moi, Daniel Blake de Ken Loach (Grande-Bretagne)
  • 2015: Dheepan de Jacques Audiard (France)
  • 2014: Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
  • 2013: La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche (France)
  • 2012: Amour de Michael Haneke (Autriche)
  • 2011: The Tree of Life de Terrence Malick (Etats-Unis)
  • 2010: Oncle Bonnmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures d'Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande)