6 ans de prison requis en appel contre une fausse victime d'attentat

Des fausses victimes, pour un vrai procès / © France 3 Côte d'Azur
Des fausses victimes, pour un vrai procès / © France 3 Côte d'Azur

Un Cannois soit-disant victime d'un des attentats parisiens du 13 novembre 2015 et qui avait perçu  30 000 euros de dédommagement, a comparu devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour faux et tentative d'escroquerie. L'avocat général a requis 6 ans de prison. Délibéré le 9 mai prochain.

Par Catherine Lioult

Ils ont essayé de duper le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme.
Véra Vasic, 29 ans, et son compagnon Sasa Damjanovic, 36 ans, avaient perçu 30 000 euros chacun, en prétendant avoir été sur les lieux d'un des attentats parisiens le 13 novembre 2015.  En décembre dernier, le tribunal correctionnel de Grasse avait statué :  une condamnation à 3 ans de prison pour elle, 6 pour lui, avec l'obligation de rembourser la somme indûment perçue.

Des regrets, et des remords pour Sasa Damjanovic, devant la cour d'appel     

Devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence ce matin, Sasa Damjanovic comparaissait seul. Il a comme en première instance  reconnu les faits, et il a exprimé des regrets.

Je n'avais pas de conscience que ça pouvait toucher autant les victimes


explique t-il, des sanglots dans la voix.
Il détaille ensuite sa situation qui l'a conduit à faire une fausse déclaration: 45 000 euros de dettes, des loyers impayés, puis un avis d'expulsion. 
Une thèse qui ne convainc pas l'avocat général

J'en ai vu des escroqueries, mais les pieds dans le sang à faire les poches des victimes j'en attrape le vertige


Il a demandé la confirmation de  la peine de première instance, à savoir 6 ans de prison et le remboursement de la somme. Le délibéré est attendu le 9 mai prochain.
L'avocat de Sasa Damjanovic a de son côté déploré ses réquisitions, qui selon lui, ne prennent pas en compte la situation difficile du prévenu au moments des faits reprochés.

DEMASQUES APRES L'ATTENTAT DE NICE

Les deux escrocs  présumés avaient été démasqués après l'attentat de Nice, qui s'est produit  sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.
Cette fois encore, ils avaient déposé une demande d'indemnisation, ce qui avait mis la puce à l'oreille du Fonds de Garantie. L'enquête a établi que le couple n'était pas à Nice ce soir là, et qu'il n'était pas non plus à Paris pour les attentats terroristes du 13 novembre 2015.
Véra Vasic et  Sasa Damjanovic comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Grasse le 19 avril prochain pour ce nouveau volet de l'affaire .

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