“Je trouve ça honteux” : au Festival de Cannes, une handicapée se fait refouler d’une projection car elle portait des baskets

La jeune fille, qui travaille dans le milieu du cinéma, devait assister à la projection de “Killers of the Flower Moon”, samedi soir. Mais le vigile lui a refusé l’accès à la salle alors que son handicap l'oblige à porter des baskets.

Elle a encore du mal à y croire. Léah a vu sa soirée basculer du rêve au cauchemar, samedi 20 mai, lors du Festival de Cannes. La jeune femme de 23 ans a, en effet, été interdite d’accès à la projection de “Killers of the Flower Moon”, le dernier film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio au motif qu’elle portait des baskets. Problème : cette étudiante en cinéma est obligée de porter ce type de chaussures en raison de son handicap, comme elle l’explique dans une vidéo postée par son oncle sur Twitter.

"Je trouve ça fou que ce genre de choses arrivent encore en 2023", soupire Léah, contactée par France 3 Côte d’Azur dimanche. La jeune femme, qui a déjà deux courts-métrages à son actif, explique qu’elle voulait assister samedi soir à la projection du film de Martin Scorsese au Palais des Festival. Mais comme elle n’a pas de place, elle décide de passer par le système de dernière minute qui propose un quota de places pour ceux qui n’en ont pas. 

 Victime d’une méningite à méningocoque à l’âge de 5 ans 

"Etant handicapée, je bénéficie d’un coupe fil via mon accréditation professionnelle, mais arrivée devant le vigile, ce dernier me répond que ce n’est pas possible et que les 14 places qui restent sont destinées aux personnes qui portent des bottines noires, affirme Léah. Je lui explique alors que je suis obligée de porter des baskets car j’ai une semelle moulée à l’intérieur qui supporte ma jambe. Mais il refuse quand même."

Une situation dure à accepter pour celle qui a été victime d’une méningite à méningocoque à l’âge de 5 ans et d’un AVC avec pour conséquences un bras droit qu’elle ne contrôle pas et une jambe droite qui boîte. Sentant les larmes venir, elle décide de partir "car je ne voulais pas qu’on me voit ainsi". "Je trouve ça honteux", souffle-t-elle.

Une expérience qui a marqué Léah mais sans la décourager pour autant. "Je vais continuer à aller voir des films ici et surtout je souhaite mettre en avant la situation des personnes handicapées et leur discrimination", explique-t-elle.

Le Festival reconnaît "un malencontreux loupé"

Contacté par France 3 Côte d’Azur, le Festival reconnaît "un malencontreux loupé". "Nous avons un dress code qui demande de ne pas porter de basket pour entrer dans ces projections mais il n’est évidemment pas censé s’appliquer à une personne handicapée. Le vigil en charge de l’accueil a dû se mélanger les pinceaux."

Et le Festival d’assurer que "nous allons recontacter cette jeune femme pour nous excuser" et de rappeler que le dispositif Hospitality Management, mis en place durant la Quinzaine, doit permettre la prise en charge des personnes handicapées.

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