Masques "maison" déconseillés contre le Covid : cette créatrice de Cannes défend la qualité de ses modèles en tissu

Au début de l'épidémie, l'atelier d'Aline Buffet a fourni 6 300 masques en tissu à la ville de Cannes. La créatrice poursuit depuis la production pour la vente. Or, le gouvernement déconseille aujourd'hui le port du masque de catégorie 2, qui serait moins efficace face aux variants du Covid-19.  

L'atelier d'Aline Buffet a conçu 6 300 masques pour la Ville de Cannes au début de l'épidémie.
L'atelier d'Aline Buffet a conçu 6 300 masques pour la Ville de Cannes au début de l'épidémie. © Aline Buffet

"Le Haut Conseil de la santé publique recommande aux Français, et c'est la recommandation que je leur fais également, de ne plus utiliser le masque artisanal qu'on a fabriqué chez soi." 

Invité sur le plateau du journal de TF1 ce jeudi 21 janvier, le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé aux Français d'éviter les masques en tissu, fait-main ou de catégorie 2 : ces derniers ne seraient désormais plus suffisants pour faire face aux variants du Covid-19, réputés plus contagieux.

Le gouvernement envisage donc de publier, d'ici ces prochains jours, un décret interdisant le port de ces masques dans l'espace public.

6 300 masques en tissu distribués

Les masques artisanaux s'étaient pourtant révélés salvateurs au début de l'épidémie, alors que la France connaissait une pénurie de masques chirurgicaux. 

Aline Buffet, créatrice et directrice d'une école de mode à Cannes, a été l'une des premières à en concevoir. Aux côtés de 16 autres ateliers locaux du réseau #MMERCI, elle a produit avec son équipe des masques en tissu pour les Cannois : en l'espace de quelques semaines, son atelier a pu livrer 6 300 masques, conformes à la norme AFNOR, à la ville. 

Mais voilà le hic : ces masques, bien qu'ils soient conçus dans les règles, appartiennent aujourd'hui encore à la "catégorie 2", c'est-à-dire qu'ils ne peuvent théoriquement filtrer que 70 % des particules.

À titre de comparaison, un masque de catégorie 1 en filtre 90 % : c'est le cas par exemple des masques chirurgicaux jetables et de quelques modèles de masques en tissu. 

Une homologation nécessaire

Depuis plusieurs mois, Aline Buffet propose ses masques en tissu à la vente. Pour ses réalisations inspiration haute couture, elle explique avoir suivi les préconisations à la lettre : 90 g/m2 de coton pour la première couche, 400 g/m2 de non-tissé pour la deuxième et de nouveau 90 g/m2 de coton pour la troisième.

Tout a été fait dans le respect des consignes : du choix du tissu à son grammage, en passant par le nombre de couches.

 Aline Buffet, créatrice à Cannes.

Pour la créatrice, la qualité de ses masques est aujourd'hui équivalente, voire supérieure à celle des masques chirurgicaux.

Elle a donc démarché la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de la région PACA et demandé à obtenir l'homologation en catégorie 1 pour poursuivre la commercialisation de ses produits. "Si je n'ai pas l'homologation, je laisse tomber la vente de masques. Il faut que le gouvernement arrête de dire que les artisans français ne sont pas à la hauteur des masques produits en Chine", souligne-t-elle.

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"Nous sommes prêts à relever les manches"

Aline Buffet devrait recevoir une réponse d'ici ces prochains jours et espère qu'elle sera positive.

Elle plaide aussi pour l'ouverture d'une grande usine de production de masques "made in France" sur la Côte d'Azur : la créatrice est persuadée qu'elle pourrait permettre à grand nombre de couturiers et couturières d'enfin remettre le pied à la pédale. 

"L'artisanat est une passion et nous sommes prêts à relever les manches par solidarité et dans le respect des normes sanitaires. Il faut juste qu'on nous aide un peu", conclut-elle.

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