Echange de bisons entre la réserve de Thorenc et celle de Margeride, en Lozère

Echange de bisons entre la réserve de Thorenc et celle de Margeride, en Lozère
Interviews : Patrice Longour, Directeur de la Réserve des Monts d'Azur; Christophe Aldrovandi, Directeur de la Réserve des Bisons d'Europe (Lozère);  - L.Collet; H.Nicolas; K.Schmid

L'opération demande une grande préparation. Ce mercredi 3 mai, 4 bisons de la réserve des Monts d'Azur à Thorenc ont été capturés. Ils ont été échangés contre 3 autres bisons de la réserve de Margeride, en Lozère. Le but : éviter la consanguinité.

Par Pierre-Olivier Casabianca

Cette opération est une 1ère. Des bisons d'Europe ont été échangés entre la réserve de Margeride, en Lozère et celle des Monts d'Azur, à Thorenc. Le 3 mai au matin, 4 bisons ont été capturés dans les Alpes-Maritimes et anesthésiés. Ils se sont réveillés quelques heures plus tard en Lozère.  La veille, 3 bisons de Lozère ont fait le chemin inverse.

Une opération nécessaire pour assurer un brassage génétique à cette espèce totalement disparue des espaces naturels après la fin de 1ère guerre mondiale.
A partir de 1920, un programme de sauvetage a été entrepris par la Pologne a partir de quelques individus détenus dans des zoos. Progressivement, la population s'est reconstituée et les premiers lâchers en fôret de Bialowiecza datent de 1954.

Bisons vivant dans la réserve des Monts d'Azur à Thorenc (Alpes-Maritimes) / © France 3 Côte d'Azur/L.Collet
Bisons vivant dans la réserve des Monts d'Azur à Thorenc (Alpes-Maritimes) / © France 3 Côte d'Azur/L.Collet


Aujourd'hui, la population totale européenne vivant dans les parcs et réserves est estimée à 3.000 individus, mais le socle génétique reste étroit.

Cette opération préfigure un programme international beaucoup plus ambitieux qui prévoit des échanges annuels ou bisannuels entre 6 réserves reparties sur 5 pays. L'isolement des populations animales dont celles du bison et l'impossibilité de migration rendent quasi obligatoires ces interventions humaines. En effet, l'uniformisation du patrimoine génétique au sein d'une espèce rend les individus plus vulnérables et donc moins enclins à s'adapter.


Voir le reportage de France 3 Occitanie :
La réserve de Sainte-Eulalie-en-Margeride, arche de Noé des bisons d'Europe
A Sainte-Eulalie-en-Margeride, en Lozère, une réserve accueille une quarantaine de bisons d'Europe. Pour assurer la reproduction de cette espèce protégée, l'essentiel est d'éviter la consanguinité, d'où des échanges réguliers avec d'autres réserves.  - France 3 Occitanie


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