Cet article date de plus de 5 ans

La justice déboute un élu FN qui voulait interdire une conférence de Tariq Ramadan à Carros (06)

Le tribunal administratif de Nice a rejeté jeudi la requête d'un conseiller municipal FN qui demandait l'interdiction d'une conférence de l'universitaire et islamologue Tariq Ramadan, prévue ce samedi à Carros dans les Alpes-Maritimes.
Michel Thooris, conseiller municipal FN de la commune de Carros, située au nord-ouest de Nice, devra aussi verser 800 euros à la commune, selon
la décision du tribunal publiée jeudi. 

L'élu est un proche de Marine Le Pen, dont il était l'un des conseillers politiques lors de la dernière élection présidentielle.

Mercredi, lors de l'audience au tribunal administratif, M. Thooris avait évoqué "des risques d'atteinte à la dignité de la personne humaine", en soulignant que Tariq Ramadan pouvait aborder "la question de la lapidation des femmes et des homosexuels, qu'il n'a jamais condamnée".

Pour la Fédération des musulmans du sud (FMS), organisatrice de la conférence, "c'est la victoire de la liberté d'expression". Selon sa porte-parole Feiza Ben Mohamed, "M. Ramadan s'est clairement prononcé, et ce depuis 2003, contre la lapidation".

A guichets fermés

M. Ramadan a récemment tenu des conférences à Villeneuve d'Ascq et à Bourges.
A Carros, la réunion se tiendra à guichets fermés, les 200 places mises en vente par l'association s'étant écoulées en deux jours, selon elle.
M. Ramadan, professeur d'études islamiques contemporaines à l'université d'Oxford, interviendra sur la thématique de "l'espoir et de la responsabilité".

De nationalité suisse, Tariq Ramadan a indiqué récemment vouloir demander la nationalité française pour contrecarrer les propos "nauséabonds" sur la déchéance de nationalité pour les seuls binationaux condamnés pour terrorisme.

M. Ramadan, qui jouit d'un prestige certain parmi les étudiants musulmans européens qui se pressent à ses conférences, est accusé par ses détracteurs de se présenter comme un réformiste en français et de verser dans la radicalité en arabe.
- avec AFP -
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
religion société rassemblement national politique