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Le loup convoqué au tribunal mercredi

Le tribunal administratif de Nice rendra son avis mercredi sur une demande en référé de trois associations de défense des animaux réclamant l'interdiction de tirs de loups par des chasseurs lors de battues aux gibiers dans
les Alpes-Maritimes.
© VALERY HACHE / AFP
L'autorisation inédite en France de donner le droit aux sociétés de chasse d'abattre des loups lors de battues aux grands gibiers a été prise en septembre par le gouvernement, suscitant un vif émoi chez les associations de défense des animaux.

"Ciblé et contrôlé"

Pour l'instant, cette autorisation a été uniquement donnée dans des zones de chasse précises des Alpes-Maritimes, le département le plus touché par des attaques de troupeaux. La préfecture a insisté sur le fait que les tirs des chasseurs étaient "un exercice ciblé et étroitement contrôlé".

L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), France nature environnement (FNE) et Ferus ont déposé ensemble cette plainte en référé au tribunal administratif de Nice, à la suite de l'abattage par des chasseurs d'au moins deux loups samedi et dimanche derniers lors de battues dans le département.

"Nous exigeons l'annulation immédiate de ces battues d'un autre âge, qui sont la porte ouverte aux dérives les plus graves et placent la France en contradiction avec ses engagements européens de protection du loup", estiment ces associations.


Jusqu'à présent les opérations de "tirs de prélèvements" de loups se faisaient sous la supervision de fonctionnaires de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), éventuellement avec l'aide de chasseurs bénévoles formés.

Dans la Drôme aussi

Le président de l'Aspas, Pierre Athanaze, croit en outre savoir que le département de la Drôme serait sur le point d'autoriser à son tour les chasseurs à tirer des loups lors de battues, une information relayée jeudi dans le Dauphiné Libéré mais qui n'a pas été confirmée par des arrêtés. "C'est l'anarchie la plus totale!", estime-t-il.
Il a donc co-signé avec une responsable de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) une lettre d'avertissement envoyée vendredi par fax au préfet du département de la Drôme. "Si de telles battues étaient effectivement autorisées, les associations signataires en contesteront la légalité devant le juge administratif", prévient la lettre.

"Destruction d'espèce protégée"

De son côté, l'association Ferus a envoyé par courrier recommandé jeudi une plainte au pénal au procureur de Nice pour "destruction d'espèce protégée en bande organisée". "Le loup est une espèce protégée par la Convention de Berne et la directive Habitat", souligne son président Jean-François Darmstaedter, qui juge que "la situation est en passe de devenir incontrôlable".
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