Alpes-Maritimes : 2 loups tués : Loin du compte pour les syndicats d'éleveurs

Loup à Saint-Martin-de-Vésubie (Archives) / © AFP PHOTO / VALERY HACHE
Loup à Saint-Martin-de-Vésubie (Archives) / © AFP PHOTO / VALERY HACHE

2 loups abattus le week-end dernier dans les Alpes-Maritimes, 4 en tout cette saison, sont loin de faire le compte pour les éleveurs exaspérés confrontés aux attaques de leurs troupeaux, estiment les syndicats agricoles qui dénoncent un "échec" du Plan Loup.

Par Yves Lebaratoux avec AFP

2 loups "c'est un début" mais "on est encore très loin des 24 loups qui doivent être prélevés pour amorcer une diminution de la pression du prédateur sur les troupeaux dans tous les territoires qu'il colonise", juge ainsi la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles dans un communiqué.
Pour la FNSEA (majoritaire), il faut "généraliser cette forme de régulation partout où la présence du loup compromet l'élevage en plein air. Il faut prélever des meutes entières, y compris dans les coeurs des parcs naturels nationaux qui constituent des lieux de développement anarchique" du loup.
"Les limites sont dépassées", prévient-elle en demandant une révision des "conventions, directives et protocoles pour qu'enfin l'écologie soit au service des hommes et non l'inverse".
De son côté, la Confédération paysanne a dénombré, "au 3 septembre, 756 attaques de loup pour un total de 2.541 moutons et chèvres tués, auxquels s'ajoutent ceux qui n'ont pas été retrouvés", selon son communiqué.
"Il y a eu moins d'attaques cet été qu'en 2012. Mais ce n'est pas parce qu'il y a moins de loups, c'est parce que les éleveurs et les bergers ont reculé. L'impuissance, la colère, le découragement, ont eu raison de bon nombre d'entre eux", affirme le syndicat.
Plutôt que l'estivage, "la bergerie devient le seul moyen de faire face à la prédation. Et la tendance devrait s'accentuer en 2014 si l'État ne prend pas enfin ses responsabilités en admettant que la cohabitation est  impossible".
"Le Plan loup est un nouvel échec" conclut-elle. "Au rythme actuel, il devrait y avoir 700 loups en 2018, contre 300 aujourd'hui. Côté éleveurs, la tendance est inversée. Quelle est la population en danger de disparition?", demande-t-elle.


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