Christian Tudès, ex-premier adjoint à Menton : " Je veux que le maire parte, la ville mérite mieux "

Il avait démissionné de son poste de premier adjoint au maire de Menton après 16 mois de collaboration, suite à des divergences avec Yves Juhel sur la conduite des affaires municipales. Désormais, il dégaine et pointe du doigt toutes les affaires judiciaires en cours.

C'est bien connu, la vengeance est un plat qui se mange froid. Et Christian Tudès, ancien hôtelier à la retraite, 67 ans, ne décolère pas depuis qu'il a démissionné de son poste de premier adjoint. C'était le 7 juin dernier, il a envoyé sa lettre au préfet des Alpes-Maritimes. Il estime que "l'engagement d'intégrité, de transparence et de proximité mis en avant pendant la campagne de Yves Juhel n'a pas été respecté".

Et depuis cette date, il distille des informations sur des dossiers par lettre ouverte, par courrier adressé au maire, sur les réseaux sociaux, et à la justice. Il a d'ailleurs été auditionné il y a peu par la brigade financière dans le cadre d'une enquête portant sur la gestion des ports de Menton.

Une plainte de la ville et du département

La Société Publique Locale (SLP) ports de Menton et plus précisément son ancien PDG Mathieu Messina sont dans le collimateur de la justice pour une période allant du 1er janvier au 30 juin de l'année 2023. L'ex-patron aurait dépensé près de 750 000 euros. Beaucoup de dépenses sont sans justificatif. L'audit commandé par la nouvelle responsable puis le commissaire aux comptes est accablant. La ville, actionnaire de la SLP à hauteur de 80 % et le département à 20%, ont tous deux porté plainte.

Christian Tudès a épluché chaque facture et même s'il n'est plus élu, il demande dans une lettre ouverte du 2 novembre adressée au maire d'étudier les comptes de 2022 de la SLP. Le commissaire aux comptes les a certes validés.

La comptabilité certifiée d'un commissaire aux comptes ne porte que sur la qualité des écritures comptable et en aucun cas, sur la nature, l'affectation et la nécessité matérielle des dépenses au regard de l'objet social de la société.

Christian Tudès

Et Christian Tudès de reprendre qu'il est déraisonnable de croire que le PDG de la SLP aurait été vertueux de mars 2022 - date de sa nomination, puis se serait mis le 1er janvier 2023 à faire des finances de la SLP un usage contraire à l'objet social.

Que craignez-vous donc, qu'auriez-vous donc à cacher que les Mentonnais qui s'interrogent légitimement sur votre gestion de ce dossier ne devraient pas savoir ? Drôle de conception de la transparence...

Christian Tudès

Christian Tudès explique volontiers que toute évocation du mode de gestion de la SLP de sa part ou du directeur général des services, licencié depuis, suscitait toujours la même réponse du maire "Vous m'emm....."

Et l'ex-premier adjoint de rappeler qu'après son élection, Yves Juhel avait un délai de deux mois pour fournir sa déclaration de patrimoine. Il ne l'a pas fait dans les temps, et l'état ne lui a du coup pas remboursé les frais de campagne pour un montant de 28 000 euros. Comprendra qui veut !

Un emploi fictif selon Tudès

Autre question de l'ancien premier adjoint : elle concerne l'emploi d'une collaboratrice du maire à la société d’économie mixte immobilière de la ville de Menton (SEMIM). Il affirme que le coût de cet emploi a été de 7633,28 euros en 2022 et 5014,35 par mois en 2023. 

Yves Juhel : "Laissez-faire la justice"

C'est en conseil municipal que le maire de Menton a apporté certaines réponses.

À Jean-Christophe Storaï, élu d'opposition de la liste "Menton avec vous" qui réitère une demande d'audit pour sur la SPL pour 2022, il répond que si le commissaire aux comptes a commis des erreurs en certifiant les comptes, il devra se justifier. Il a en effet l'obligation de révéler des faits délictueux s'il en découvre.

Il a été ouvert un certain nombre d'enquêtes, à la fois par la brigade financière, les prud'hommes. Des gens ont été entendus, moi pas encore. Quand je le serai, je répondrai, là je ne peux pas vous en dire plus.

Yves Juhel, maire de Menton lors du conseil municipal du 3 novembre 2023

Même réponse quand les questions portent sur des factures d'essence en augmentation de 440%, soit 4800 litres d'essence utilisés en plus.

"Je ne suis ni juge, ni procureur, ni magistrat", assène Yves Juhel.

Et il est très précis pour évoquer l'emploi de sa collaboratrice, employée à la fois dans le service de l'urbanisme et à la société d’économie mixte immobilière de la ville de Menton (SEMIM). Un cumul de fonctions autorisé par feu Jean-Claude Guibal dès 2018 et qui a duré jusqu'au 31 mai 2023. Un emploi loin d'être fictif selon le maire, prêt à en apporter la preuve.

Soit Christian Tudès a une mauvaise vue, soit il est de mauvaise foi.

Yves Juhel, maire de Menton

Christian Tudès lui, persiste et signe.

"Je regrette d'avoir participé à son élection, je suis déçu et en colère. Ce qui me motive, c'est de voir ce que Monsieur Juhel est devenu. Il présentait toutes les garanties d'honorabilité, or, il est selon moi vénal et tyrannique". Décidément à Menton, il n'y a pas que les citrons qui sont acides !

Mis à part ses allocutions en conseil municipal, le maire de Menton n'a pas souhaité pour le moment répondre à nos sollicitations.

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