Mougins : faute de place dans les Alpes-Maritimes, des gens du voyage s'installent sur un terrain privé réquisitionné

La préfecture a réquisitionné un terrain privé à Mougins pour accueillir un groupe de gens du voyage arrivés mardi 15 juin car il n'existe pas de terrain prévu à cet effet dans le département des Alpes-Maritimes. Le propriétaire du terrain et la mairie se positionnent contre cette décision.

Après Cagnes-sur-Mer et Antibes, comme chaque année, l'histoire se répète. Cette fois, à Mougins. Comme il n'y a pas de grande aire adaptée aux gens du voyage dans les Alpes-Maritimes, la préfecture a dû réquisitionner un terrain privé. Un groupe d'une centaine de caravanes et 400 personnes se sont installés sur le domaine d'Argeville mardi 15 juin, contre l'avis du propriétaire et de la mairie.

Pour le propriétaire, Pierre Baillon-Dhumez, "c'est indécent de mettre à disposition de ces gens-là un terrain qui n'est pas aménagé pour ça". S'étalant sur 85 hectares, le domaine d'Argeville abrite une usine de parfum de 250 salariés, une dizaine de villas et un chenil. 

"On sera toujours dans une impasse"

Richard Galy, maire de Mougins, est lui aussi contre la décision du préfet. "C'est systématiquement le préfet qui doit prendre des réquisitions sur des terrains publics ou privés", dit-il. Le préfet doit faire ces réquisitions car aucune infrastructure n'est prévue pour les gens du voyage sur l'ensemble du département. C'est normalement un projet qui doit être réalisé par les communes et les communautés d'agglomération. "On sera toujours dans une impasse", ajoute le maire de Mougins. 

La ville a finalement proposé un terrain en bordure d'autoroute mais il est inadapté à l'accueil des gens du voyage. "Lorsqu'on fait des places de grands passages et des terrains d'accueil, on les mets près des autoroutes, près des déchets, près des chemins de fer, s'insurge Moïse Winterstein, pasteur représentant les gens du voyage. Ce sont toujours des lieux retirés, près des dangers."

Le propriétaire du terrain a engagé une procédure de référé-liberté. La préfecture, quant à elle, recherche activement un nouveau terrain. Les gens du voyage devront quitter les lieux le lundi 21 juin au plus tard.