À Nice, Greenpeace mène une opération de sensibilisation auprès du public sur la réduction du trafic aérien

L'ONG Greenpeace est présente ce samedi place Masséna, de 11h à 15h, à l'occasion d'une "Journée Nationale d'Action pour la réduction du trafic aérien". Elle souhaite alerter les Niçois sur les problématiques écologiques liées aux voyages en avion.

Une quinzaine de militants Greenpeace sont présents ce samedi sur la place Masséna à Nice.
Une quinzaine de militants Greenpeace sont présents ce samedi sur la place Masséna à Nice. © Philippe Spadotto

Ce samedi, une quinzaine de militants sont réunis place Masséna à Nice sous la bannière Greenpeace. L'ONG souhaite sensibiliser le grand public aux questions écologiques liées aux voyages en avion. 

"Depuis ce matin, nous avons pu discuter avec quelques personnes, qui se sont montrées très ouvertes", rapporte Philippe Spadotto du groupe local Greenpeace de Nice. 

"Pas de retour à l'anormal", c'est le mot d'ordre de cette mobilisation, qui se tient dans plusieurs villes de France ce week-end. L'ONG souhaite profiter de la crise du Covid-19, et du fait qu'un grand nombre d'avions restent encore cloués au sol, pour entamer une réflexion autour du secteur de l'aéronautique et de la mobilité. 

Remettre le train au centre de la mobilité

Il y a quelques mois, la Convention citoyenne sur le climat a proposé d'interdire toutes les liaisons aériennes domestiques lorsqu’une alternative en train est possible pour réaliser ce trajet en moins de 4h. Le projet de loi climat, qui doit être présenté en conseil des ministres le 10 février prochain, reprend cette mesure mais la limite aux voyages de 2h30.

Pas convaincant pour Greenpeace, qui craint que cela ne suffise pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans un rapport publié jeudi 21 janvier, l'organisation souligne qu'on "émet 39 fois plus de CO2 quand on fait le trajet Paris-Nice en avion par rapport au même trajet en train."

Nous ne sommes pas pour la suppression totale des trajets en avion et on peut comprendre qu'il est difficile pour les Niçois de réaliser un Nice-Paris en 5h58 avec le train. Mais il faut repenser le trafic ferroviaire en développant des lignes plus rapides et pourquoi pas en remettant le train de nuit.

 Philippe Spadotto, militant Greenpeace Nice

Nice, 3ème aéroport de France

L'aéroport Nice Côte d'Azur est le troisième aéroport le plus fréquenté de France et prend en charge chaque année 14 millions de passagers en moyenne. Pour les Niçois, l'avion est souvent la solution de facilité pour rejoindre une ville de France difficile d'accès en train en seulement quelques heures. 

Philippe Spadotto en a conscience, il ne sera pas simple de changer ses habitudes. Il s'oppose toutefois fermement à l'extension de l'aéroport de Nice et au développement de nouvelles lignes aériennes, dans les tuyaux depuis fin 2019.

Greenpeace soutient d'ailleurs une pétition du Collectif Citoyen 06 contre ce projet. "Nous dénonçons cette incohérence, fondée sur une hypocrisie climatique hallucinante", s'offusquent-ils. Les militants réclament l'abandon pur et simple de cette extension. 

Selon une étude BL Evolution, le secteur aéronautique représenterait aujourd'hui 7,3 % de l’empreinte carbone des Français.

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