À Nice, une cagnotte en ligne lancée pour aider le restaurant L'Escalinada, institution niçoise vieille de 70 ans

Comme pour l'ensemble de la profession, le restaurant L'Escalinada à Nice souffre de la crise du Covid-19. Ses gérants viennent de lancer une cagnotte en ligne pour pouvoir racheter le fonds de commerce et continuer à faire vivre cette adresse bien connue des Niçois. 

Les gérants espèrent récolter au moins 50 000 euros pour racheter le restaurant.
Les gérants espèrent récolter au moins 50 000 euros pour racheter le restaurant. © Instagram L'Escalinada

Depuis le 1er mai 2019, Anthony Bastiand et Christophe Platzgummer gèrent le restaurant L'Escalinada à Nice en location-gérance. L'adresse, bien connue des Niçois, existe depuis plus de 70 ans. Les deux enfants du pays, amis depuis 20 ans, ont alors un objectif : perpétuer l'héritage de la cuisine niçoise. 

"Quand on a repris le restaurant, on ressentait à la fois de l'excitation et une forme d'aboutissement dans nos métiers. En même temps, il y avait aussi cette petite pression dûe à l'histoire de l'établissement", se rappelle Anthony Bastiand.

Mais le rêve se révèle finalement de courte durée : après dix mois d'ouverture et des débuts prometteurs, les deux gérants doivent fermer leur établissement lors du premier confinement. "Pendant ces trois mois de fermeture, nous avons perdu 350 000 euros de chiffre d'affaires."

Des pertes qui grimperaient autour de 500 000 euros aujourd'hui. Pourtant, les deux amis ont des ambitions : ils voudraient racheter le fonds de commerce de l'établissement pour en assurer la pérennité. 

Une cagnotte en ligne lancée

Jeudi, les deux restaurateurs ont ouvert une cagnotte en ligne sur le site KissKissBankBank. L'objectif : récolter à minima 50 000 euros en deux mois, sur les 300 000 euros nécessaires pour le rachat du restaurant.

Mais attention : il ne s'agit pas là de simples dons, mais bien d'une sorte "d'avance sur trésorerie". Les participants à la cagnotte investissent en réalité dans des bons, qui leur permettront de bénéficier d'un ou plusieurs repas à la réouverture du restaurant. 

Si l'objectif de 50 000 euros n'est pas atteint à l'issue de ces deux mois, les contributeurs seront intégralement remboursés. En revanche, si ce palier est atteint voire dépassé, la cagnotte pourra se poursuivre. Et cela semble bien parti : en l'espace de quatre jours, le restaurant a déjà récolté plus de 12 000 euros de la part de 80 participants. 

Pour l'instant, ce sont surtout des gens de mon cercle proche et des connaissances qui ont donné : je pense que 80 % d'entre eux au moins sont déjà venus au restaurant.

 Anthony Bastiand, gérant du restaurant L'Escalinada à Nice.

Anthony Bastiand prévient : les dons collectés ne serviront pas à rembourser les dettes liées au Covid-19, mais bien à investir. "Pour boucher les trous en ce moment, nous avons trouvé des solutions comme la livraison et la vente à emporter", précise-t-il. "Ce qui est sûr, c'est qu'on ne reste pas les mains dans les poches."

Une institution à Nice

Le restaurant a été créé après la Seconde guerre mondiale et est l'un des derniers à proposer du stockfish ou encore des testicules de mouton. Ces spécialités attirent les Niçois, mais aussi la clientèle étrangère. 

En 70 ans, le restaurant a vu passer des dizaines de nations différentes. J'ai bon espoir que notre cagnotte dépasse les frontières et vienne toucher des clients étrangers, qui espèrent pouvoir revenir manger chez nous un jour.

 Anthony Bastiand, gérant du restaurant L'Escalinada à Nice.

Le restaurateur niçois a bien conscience que son projet de rachat de l'établissement est un pari. "Mais on y croit !", sourit-il. "Et on ne baissera pas les bras."

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