Aide aux migrants : "c'est bien d'aider les gens", l’enseignant de Nice Pierre-Alain Mannoni est relaxé en appel

L'enseignant-chercheur de Nice Pierre-Alain Mannoni, était poursuivi  pour avoir transporté trois Érythréennes en 2016. Le procès en appel s'est tenu le 23 septembre dernier à Lyon. Il a été relaxé de toutes les poursuites engagées contre lui.

Avant l'audience, Pierre-Alain Mannoni tiendra une conférence de presse ce mercredi 22 septembre.
Avant l'audience, Pierre-Alain Mannoni tiendra une conférence de presse ce mercredi 22 septembre. © OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Relaxé !
Pierre-Alain Mannoni est donc relaxé de toutes les charges. Ce 23 septembre 2020, c'est la deuxième fois que la Cour d'appel lyonnaise examine un dossier d'aide aux migrants, après celui de l'emblématique agriculteur de la vallée de la Roya, Cédric Herrou, relaxé en mai pour avoir convoyé quelque 200 clandestins.
La cour a vidé son délibéré et n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général, cinq mois d'emprisonnement avec sursis. 
 

Le jugement de première instance qui fait référence à l'article 3 de la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen a été confirmé. Je suis vraiment soulagé par rapport à cette longue et éprouvante épopée, je suis heureux pour ma fille, à mes côtés à toutes les audiences.

Pierre-Alain Mannoni

"C'est la consécration du principe de fraternité", a commenté Me Binimelis,  après la décision analogue rendue en mai en faveur de l'agriculteur Cédric Herrou, militant emblématique de cette cause.

Un long parcours devant la justice

 

5e audience en 4 ans pour Délit de Solidarité...Parce que secourir des humains en détresse n'est pas un crime !

Pierre-Alain Mannoni

L'universitaire avait tenu une conférence de presse avant la 5e audience à Lyon,  en évoquant son aide aux jeunes migrantes. 

6 heures d'audience

Durant une audience de plus de six heures, menée par le président Alain Vogelweith, Pierre-Alain Mannoni, 49 ans,  avait été interrogé avec minutie sur les raisons et les objectifs du transport de ses jeunes passagères arrêtées avec lui au péage de la Turbie ce 18 octobre 2016.
 

Je l'ai fait. J'étais content de montrer l'exemple à ma fille. Je n'arrive pas à imaginer comment j'aurais pu assumer abandonner ces jeunes femmes à leurs souffrances physiques et psychologiques dans lesquelles elles étaient. Donc évidemment, je le referais.

Pierre-Alain Mannoni, durant l'audience

 
Pierre-Alain Mannoni et ses soutiens défendent le "principe de fraternité", reconnu par la Cour constitutionnelle en 2019.
Pierre-Alain Mannoni et ses soutiens défendent le "principe de fraternité", reconnu par la Cour constitutionnelle en 2019. © Valérie Benais / FTV
Le 18 octobre 2016, ce père de famille, spécialiste en écologie marine, avait été interpellé au péage de La Turbie dans les Alpes-Maritimes, près de Menton, avec dans sa voiture trois Érythréennes "blessées" venues d'Italie qu'il emmenait depuis un squat à son domicile pour les héberger une nuit avant de les conduire à la gare de Cagnes-sur-Mer pour qu'elles puissent être soignées à Marseille.

C'est un geste qui n'est pas condamnable d'un point de vue du droit naturel, du droit français et européen.

Pierre-Alain Mannoni

durée de la vidéo: 01 min 46
M. Mannoni, jugé pour avoir aidé des migrants

Le jugement de ce procès pour aide au séjour et à la circulation d'étrangers en situation irrégulière était très attendu par militants de l'aide aux migrants après la reconnaissance du "principe de fraternité" par la Cour constitutionnelle, saisie fin 2018 par Pierre-Alain Mannoni et l'agriculteur de la vallée de La Roya Cédric Herrou, tous deux condamnés pour des faits similaires.
Le chercheur explique aujourd'hui, alors qu'il est relaxé de toutes les charges, avoir une pensée pour les habitants de la Roya qui ont leur vallée dévastée, mais qui continuent à aider les plus vulnérables coïncés à la frontière.
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