Alpes-Maritimes : les manifestations prévues ce week-end contre les violences policières ne sont pas autorisées

Le préfet des Alpes-Maritimes vient de rappeler dans un communiqué que la loi d'urgence sanitaire interdit tout rassemblement sur la voie publique de plus de dix personnes. Voilà qui compromet des rassemblements prévus à Nice en solidarité George Floyd.

Les violences policières au cœur deux deux manifestations à Nice ce week-end.
Les violences policières au cœur deux deux manifestations à Nice ce week-end. © Rémy PERRIN/ MAX PPP

L’article 3 du décret n° 2020-663 du 31 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires, pour faire face à l’épidémie du Covid-19 dans le cadre de l’urgence sanitaire, interdit tout rassemblement, réunion, ou activité sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public mettant en présence de manière simultané plus de 10 personnes.

Dans un communiqué, le  préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzalez fait donc ce rappel, et une mise au point, alors que deux manifestations sont prévues à Nice ce week-end.

Non, il n'interdit pas les manifestations prévues à Nice contre les violences policières. Mais il en appelle "au sens des responsabilités" de ceux qui comptent aller manifester.

Deux manifestations organisées

Depuis le 25 mai dernier, la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans, consécutive de son arrestation par la police suscite une vague d'indignation aux Etats-Unis.

La terrible vidéo de son agonie est à l'origine du hashtag  #Blacklivesmatter. Et un peu partout dans le monde, des manifestations sont organisées dont deux à Nice.

La première samedi 17 heures "contre les violences policières et les systèmes oppressifs et discriminatoires.

Elle a été lancée par une étudiante de la ville, rejointe par l’Union nationale lycéenne (UNL), l'association  Tous Citoyens! et des partis de gauche. La ligue des droits de l'homme a rejoint ce rassemblement. L'autre est prévue ce dimanche.

La manifestation de samedi maintenue

Le comité d'étudiants compte bien maintenir la manifestation  qui partira normalement de Magnan à 17 heures pour défiler sur la Promenade des Anglais, la place Massena et jusqu'au Palais de justice où une prise de parole est prévue.

Le droit de manifester est un droit garanti par la constitition et notre volonté n'est certainement pas de troubler l'ordre public. C'est une manifestation pacifique, contre les violences policières et ceux qui ferment les yeux, certainement pas contre la police. 

Une consigne : ne pas venir si on est malade, porter un masque chirurgical ou de protection covid, défiler en file indienne en respectant la distance d'au moins un mètre.

Départ du quartier de Magnan:

Une victoire pour Philippe Vardon

Candidat à la mairie de Nice soutenu par le RN et la Droite Populaire, Philippe Vardon considère que le communiqué du préfet est une interdiction. Il se félicite de cette décision.

Il s'agit d'une décision salutaire, et je me félicite qu'il déclare vouloir la faire appliquer avec fermeté. Dès mercredi, j'ai demandé l'interdiction de ces rassemblements. Je ne voulais pas voir importés dans les rues de Nice les slogans haineux ("Flics, porcs, assassins" notamment) entendus dans la manifestation parisienne. Je ne voulais pas non plus que l'on voit se reproduire les mêmes violences et dégradations. Cette interdiction est donc une heureuse nouvelle pour la tranquillité de notre ville, et en particulier pour nos commerçants et restaurateurs.

La très contestée proposition de loi d'Eric Ciotti 

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti salue également la décision du préfet.

Le député avait le 26 mai dernier proposé un texte visant à interdire "la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de policiers municipaux ou d’agents des douanes" sous peine d’une condamnation à 15.000 euros d’amende et un an d’emprisonnement.

Une pétition a été lancée et réunit à ce jour 440 550 signatures.

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