Ascros : la renaissance de cette commune des Alpes-Maritimes grâce à la bonne idée du maire

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Écrit par Aline Métais
Il y a 15 mois, Ascros village de 160 habitants des Alpes-Maritimes a failli perdre son école. Photo prise le 6 décembre 2020.
Il y a 15 mois, Ascros village de 160 habitants des Alpes-Maritimes a failli perdre son école. Photo prise le 6 décembre 2020. © Chantal Llinares-Cadopi

C'est peut-être la bonne idée pour sauver les écoles en milieu rural : des locations en-dessous du prix du marché. Dans le petit village d'Ascros dans les Alpes-Maritimes, le maire n'a pas hésité à financer des appartements pour attirer des familles avec enfants. L'école est sauvée.

Sans école, c'est la mort du village. Alors comment attirer de jeunes familles pour sauver l'école et maintenir la vie dans le village ? Une question existentielle pour beaucoup de maires ruraux confrontés à l'exode des familles vers les villes et à un vieillissement de leur population.

La bonne idée

Dans le village d'Ascros dans les Alpes-Maritimes, 160 habitants, le maire, Vincent Giobergio, avait lancé un appel à la radio en novembre 2018 :

L'école est l'élément essentiel d'une commune, nous avons à ce jour un regroupement communal avec La Penne. Les deux sont menacées de fermeture. Il faut essayer d'agir.

Vincent Giobergio, maire d'Ascros en novembre 2018

Il avait alors proposé trois appartements communaux en dessous du prix du marché. Son seul espoir pour sauver son école maternelle en sous-effectif, menacée d'un regroupement avec le village voisin, La Penne. 

C'était la condition pour obtenir un loyer d'appartement à prix imbattable : 200 euros par mois pour 160 mètres carré ? Scolariser un enfant sur la commune.

La petite commune d'Ascros se situe à une soixantaine de kilomètres de Nice à plus d'une heure et demie de trajet de la côte :

Une proposition entendue par plusieurs familles quelques mois plus tard. En septembre 2019, une famille venait s'installer.

Une classe, 14 élèves, l'histoire du village prenait un autre sens en cette rentrée scolaire :

Le village revit et l’école compte aujourd'hui, presque deux ans après l'appel du maire, 13 élèves, de la maternelle au CP. 

Le maire assume et revendique ses prix en dessous du marché : "ça permet de stabiliser des populations sur notre village qui en a besoin." 

Soulagement de tous

Pour les autres parents d'élèves, c’était un soulagement de voir arriver de nouveaux habitants. "Il aurait fallu faire des kilomètres le matin pour aller dans une autre école, cela aurait été plus contraignant." Autre initiative municipale, il y a deux ans, le maire avait réussi à sauver le bar restaurant du village.

Un boulanger s'est aussi installé 

Depuis trois mois, le village a aussi vu arriver un nouveau boulanger. Didier Billey prépare son pain avec de la farine locale cuite dans un four à bois.  

Ça devenait oppressant, on est un peu trop les uns sur les autres et il n’y a pas assez de proximité, ici on connaît tous les gens par leur prénom, on connaît leurs habitudes,

explique Didier Billey à nos confrères de France 2.

Après plusieurs années à Nice, il cherchait un autre cadre de vie et le vollage d'Ascros un autre avenir.

 

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