Nice : le bijoutier Stephan Turk devant les assises ce lundi pour avoir abattu son braqueur en fuite

Stephan Turk, 72 ans, doit répondre devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes de meurtre. / © Olivier Théron
Stephan Turk, 72 ans, doit répondre devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes de meurtre. / © Olivier Théron

Stephan Turk, 72 ans, doit répondre devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes de meurtre. La justice lui reproche d'avoir abattu en 2013 un jeune qui venait de braquer sa boutique. A l'époque, ce faits divers avait fait grand bruit. 

Par AFP édité par C.L

Le 11 septembre 2013 au matin, Stephan Turk, commerçant  niçois d'origine libanaise, est brutalisé. Il est contraint de remettre le contenu de son coffre-fort (127.000 euros) à deux braqueurs casqués, puis il fait feu à trois reprises depuis le seuil de son commerce avec un pistolet semi-automatique alors que ses agresseurs prennent la fuite.
L'une des balles touche mortellement dans le dos Antony Asli, 19 ans, qui s'enfuyait sur un scooter avec un complice, condamné depuis en appel à 10 ans de prison.

Le point sur l'ouverture du procès à Nice ce lundi : 



Une mise en examen, et de nombreux soutiens


Rapidement mis en examen pour homicide volontaire, le bijoutier reçoit de nombreuses marques de soutien. Une page Facebook est plébiscitée par 1,6 million de "fans" défendant la "légitime défense" face à la montée de la délinquance. Un millier de personnes manifeste à Nice, en présence du maire Christian Estrosi et du député Eric Ciotti, à l'époque président du conseil général. Sous les fenêtres du tribunal, des manifestants scandent "Non à la racaille, oui à la mitraille!" et exigent la démission de la garde des Sceaux Christiane Taubira.

Légitime défense ?


Cinq ans plus tard, deux camps vont à nouveau s'affronter à l'audience, au risque de rouvrir les plaies des deux familles: les Turk, qui ont depuis été contraints de déménager en Rhône-Alpes et les Asli, dont le fils avait 14 mentions à son casier judiciaire, et qui sont régulièrement insultés depuis le drame.
Pour l'avocat du bijoutier maître Franck de Vita, Stéphane Turk "n'avait pas d'autre solution que de se défendre" et il était à nouveau menacé lorsqu'il a tiré, une thèse contraire à ce que disent deux rapports d'expertise balistique et technique versés au dossier.
Pour l'avocat du bijoutier maître Franck de Vita, Stéphane Turk "n'avait pas d'autre solution que de se défendre". / © Olivier Théron
Pour l'avocat du bijoutier maître Franck de Vita, Stéphane Turk "n'avait pas d'autre solution que de se défendre". / © Olivier Théron

Autodéfense pour la famille Asli


La famille Asli, partie civile, reproche au commerçant de s'être fait justice lui-même. " Dans une société civilisée, il n'y a pas de place pour l'autodéfense, la vengeance privée ou la légitime défense des biens ", plaidera leur avocat Philippe Soussi, assisté de ses confrères maîtres Christian Scolari et Mathurin Lauze.

On peut tout dire, et même dire qu'il a des circonstances atténuantes mais ce n'est pas de la légitime défense, c'est même le contre-exemple absolu ! Il  y a eu trois tirs volontaires successifs à faible distance sur une personne
qui prend la fuite dit-il.


" Dans une société civilisée, il n'y a pas de place pour l'autodéfense, la vengeance privée ou la légitime défense des biens ", plaidera leur avocat Philippe Soussi, assisté de son confrère maître Christian Scolari. / © Olivier Théron
" Dans une société civilisée, il n'y a pas de place pour l'autodéfense, la vengeance privée ou la légitime défense des biens ", plaidera leur avocat Philippe Soussi, assisté de son confrère maître Christian Scolari. / © Olivier Théron

Les jurés auront une semaine pour apprécier s'il y a légitime défense au autodéfense pour ce  bijoutier, père de cinq enfants et qui avait fui la guerre au Liban pour repartir à zéro en France dans les années 1980.

La famille Asli, partie civile, reproche au commerçant de s'être fait justice lui-même. / © Olivier Théron
La famille Asli, partie civile, reproche au commerçant de s'être fait justice lui-même. / © Olivier Théron


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