La Cnil interdit à Nice de continuer à utiliser l'application sécuritaire Reporty

La Cnil a interdit ce mardi 20 mars à la ville de Nice de poursuivre le test de Reporty. Cette application israélienne permet de filmer et signaler des délits à la police en temps réel. 

Test de l'application Reporty, à Nice, en janvier 2018
Test de l'application Reporty, à Nice, en janvier 2018 © MAXPPP
Le maire de Nice a vivement réagit à la décision de la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) : "Ce sont les terroristes et ceux qui veulent porter atteinte à notre démocratie qui bénéficient de cette décision", a accusé le maire de Nice, dans un communiqué. "Une nouvelle fois, sans réelle explication ni motivation, la Cnil s'oppose aux initiatives prises en matière de sécurité en brandissant la protection des libertés individuelles comme étendard", regrette Christian Estrosi, estimant que la commission "fait encore une fois la preuve qu'elle ne vit pas avec son temps".

Reportage ce mercredi matin :
La Cnil interdit à Nice de continuer à utiliser l'application sécuritaire Reporty

Intervenant : Patrick Allemand - Membre du collectif anti-Reporty


"Pourquoi est-ce qui est juste en Grande-Bretagne, en Belgique ou en Allemagne serait condamnable en France", poursuit M. Estrosi dans ce communiqué, en appelant à ce qu'"une autorité européenne soit réellement créée, en lieu et place de la Cnil".
"L'expérimentation est évidemment suspendue", précise le maire de Nice, en ajoutant avoir saisi le ministre de l'Intérieur "pour qu'une base légale puisse être trouvée afin de pouvoir expérimenter ce type de technologie".
"En tant qu'homme de droite, je considérerai toujours qu'on ne gagne pas la guerre avec les lois de la paix et qu'il nous faut nous adapter en permanence pour combattre la délinquance et le terrorisme, qui eux évoluent chaque jour", ajoute Christian Estrosi.


L'application Reporty, développée en Israël par la start-up de l'ancien Premier ministre Ehud Barak, était actuellement en test auprès de 2.000 personnes, des agents de la ville de Nice, des comités de quartier ou encore des membres du réseau "voisins vigilants". Un bilan devait en être fait d'ici quelques jours.


L'opposition municipale socialiste avait dénoncé "une démarche contestable sur le fond et inadmissible sur la forme (...) qui ressemble à l'organisation d'un processus de délation généralisé". Nice, dont la police municipale est la première en France en effectif, est quadrillée par 1.950 caméras de vidéosurveillance, soit 27 au kilomètre carré, un record dans l'Hexagone.

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