Débrayage à la maison d'arrêt de Nice suite à de nouvelles agressions du personnel

Débrayage à la maison d'arrêt de Nice suite à de nouvelles agressions du personnel / © Souab Nordine
Débrayage à la maison d'arrêt de Nice suite à de nouvelles agressions du personnel / © Souab Nordine

Suite à l'agression de 3 agents pénitentiaires, un débrayage a eu lieu à la maison d'arrêt de Nice, ce mardi midi. Débrayage de 3/4 d'heure, à la prise de service, à l'appel de l'UFAP UNSa justice Nice. C'est la 5ème agression en 10 jours.

Par Coralie Chaillan

L'agression a eu lieu dans le quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Nice. Selon les syndicats, le détenu "a commencé à s'énerver car il réclamait des piles pour sa radio", puis aurait insulté un surveillant avant de lui porter plusieurs coups de poings au visage. Deux agents pénitentiaires seraient intervenus et auraient eux aussi été blessés. Toujours selon les syndicats, les blessures seraient les suivantes : une arcade et une lèvre ouverte, une blessure à la main et une blessure au poignet. Ils sont en arrêt jusqu'à mardi.
 
Débrayage à la maison d'arrêt de Nice suite à de nouvelles agressions du personnel / © Souab Nordine
Débrayage à la maison d'arrêt de Nice suite à de nouvelles agressions du personnel / © Souab Nordine


Les syndicats alertent sur la récurrence des agressions

Les tensions sont palpables au sein de la détention et le malaise des personnels n'est plus à démontré, pour autant la volonté de trouver une solution ou de mettre en place des réflexions sur la prévention de ces agressions n'est pas à l'ordre du jour.

précise Nordinae Souab, secrétaire UFAP-UNSa justice. Le syndicat a invité le personnel pénitentiaire à débrayer 3/4 d'heure ce mardi. A Nice, il précise qu'il a en moyenne 25 surveillantspour 600 détenus. Une "surpopulation qui ne permet pas d'empêcher les agressions" mais selon le syndicat, la mise en place de binômes de surveillants pourrait être un moyen de dissuation. 

Agression dénoncée également par le syndicat national pénitentiaire Force Ouvrière SNPFO
 

 
Force Ouvrière exige une utilisation systématique des passemenottes et pare-coups dans le cas de détenus violents, ainsi que leur transfert à Marseille, dans un quartier plus adapté et "sous-utilisé" selon le syndicat.
 

5 agressions en 10 jours

Mercredi 27 novembre, les syndicats précisent qu'une assistante sociale du service médico-psychiatrique régional aurait été frappée à plusieurs reprises à la tête à coups de pied. Un surveillant aurait également reçu un coup de poing au visage. deux autres agressions de personnels ont également eu lieu dans les 10 jours. 

"Les détenus sont particulièrement tendus à l'approche des fêtes de Noël"

précise Nordinae Souab, secrétaire UFAP-UNSa justice. A la maison d'arrêt de Nice il dit avoi organisé au moins 15 débrayges depuis le début de l'année. 

Plus de 4 000 attaques contre des surveillants chaque année

En France, depuis 2011, on dénombre chaque année plus de 4000 agressions physiques dans les prisons françaises. En 2017, il y en a eu presque 11 par jour. Parmi ces agressions auxquelles est confronté le personnel, plus de 50 prises d'otages ont eu lieu depuis 2011. Au 1er octobre, plus de 70 000 personnes sont incarcérées en France (données au 1er octobre 2019).  

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