Prison de Luynes : menotté dans le dos, il attaque un surveillant avec une lame de rasoir entre les dents

© MERCIER Serge/MaxPPP
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Lundi matin, un détenu s'en est pris à un gardien du centre pénitentiaire Aix-Luynes. L'agent a reçu un coup de tête et a eu le lobe de l'oreille entaillé avec une lame de rasoir. "Un guet-apens" selon le syndicat Force Ouvrière d'Aix-Luynes, qui demande des sanctions et le transfert du détenu.

Par Annie Vergnenegre

L'agression a eu lieu lundi vers 9h45 au sein du quartier d'isolement. Placé sous "mesures strictes de sécurité" pour raisons psychiatriques, le détenu était systématiquement menotté dans le dos pour tout mouvement et encadré par 4 agents, indique Brigitte Piedra, représentant FO du centre pénitentiaire (CP) Aix-Luynes. 

Une agression préméditée

Pour le syndicat, le "guet apens sanglant " était prémédité. Quand il est sorti de sa cellule, le détenu a donné un coup de tête à l'un des gardiens.

Il avait dissimulé une lame de rasoir dans sa bouche, il l'a coincée entre ses dents avec sa langue pour attaquer le surveillant,

raconte Brigitte Piedra. Il l'a atteint à l'oreille mais il visait la carotide". L'agent a un arrêt de travail de 7 jours.

"Les détenus prennent les lames sur les rasoirs en plastique fournis par l'administration pénitentiaire et les remontent artisanalement, certains sont très forts pour les garder dans la bouche", note la responsable FO. 

Demande de transfert

L'individu a été maîtrisé aussitôt par les autres gardiens et conduit par l'équipe d'intervention au quartier disciplinaire.

Le syndicat demande le transfert du détenu vers un établissement hors de la direction inter-régionale paca Corse. "Le quartier d'isolement a des équipes spécifiques de surveilants. Si le détenu reste à Luynes, il sera avec l'agent qu'il a agressé. D'un point de vue sécuritaire et psychologique, c'est impossible", plaide Brigitte Piedra.  

Un quartier de prévention de la radicalisation

Le bâtiment Aix 1 compte actuellement 9 détenus en quartier d'isolement. Il devrait en accueillir une vingtaine avec l'ouverture du quartier de prévention de la radicalisation (QPR) dans le bâtiment Aix 2 prévue à la fin du mois. Y seront incarcérés 18 détenus  radicalisés, considérés comme les plus dangereux ou susceptibles de recruter en prison. Ce QPR est le 5e à ouvrir en France.

 

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