Deux élus proches de Christian Estrosi visés par une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics

Suite à un rapport de la chambre régionale des comptes, le parquet de Marseille a indiqué ce 24 novembre avoir ouvert une enquête préliminaire portant notamment sur l'embauche des deux élus niçois. 
L'enquête préliminaire pour détournement de fonds publics vise deux élus niçois.
L'enquête préliminaire pour détournement de fonds publics vise deux élus niçois. © Manon Hamiot / FTV
Dans un rapport publié le 28 septembre dernier, la chambre régionale des comptes a épluché la gestion du Centre de gestion de la fonction publique territoriale des Alpes-Maritimes de 2015 à 2019.
L'organiseme gère les recrutements et les carrières des agents territoriaux. Jean-Christophe Picard, opposant de la majorité à Nice a alors saisi le Procureur.

Ouverture d'une enquête

"Une enquête préliminaire a été engagée par le parquet de Marseille confiée à la direction inter-régionale de la police judiciaire (DIPJ) sur les infractions de détournements de fonds publics, complicité et recel des dites infractions",

Dominique Laurens, procureur de la République de Marseille, à l'AFP.

Le rapport soulève des anomalies liées à l'embauche des deux élus niçois, Pierre-Paul Leonelli adjoint au maire de Nice et Lauriano Azinheirinha, ex-adjoint à la mairie, aujourd'hui directeur général des services de la Métropole Nice Côte d'Azur.  

Réalité du travail effectif "plus que douteuse"

Pour la chambre des comptes, la réalité de leur travail effectif à temps plein pour le Centre de gestion de la fonction publique 06 apparaît "plus que douteuse".

De plus, quelques situations individuelles révèlent de sérieuses irrégularités en termes de recrutements, de compléments indemnitaires servis et/ou d’avancements de carrière. Deux d’entre elles témoignent d’un mélange des genres regrettable entre fonctions électives niçoises ou maralpines et fonctions salariées au sein de l’établissement.

Extrait de la synthèse du rapport de la CRC Paca.

Concernant, l'adjoint au maire de Nice à la Propreté, Pierre-Paul Leonelli, qui servait déjà auprès de l'ancien maire Jacques Médecin, la chambre a estimé qu'il apparaissait "être rémunéré par le CDG 06 pour l'exercice
d'activités extérieures insusceptibles de se rattacher à l'intérêt de l'établissement public". 

La chambre a également pointé du doigt les avantages salariaux et en nature dont il a bénéficié. 

Pierre-Paul Leonelli lui-même s'est défendu de tout emploi fictif et affirmé percevoir une rémunération "bien inférieure au maximum légalement autorisé" indique l'AFP.

Le rapport citait aussi le cas Lauriano Azinheirinha, conseiller départemental UDI, ex-adjoint à l'Education du maire de Nice et promu Directeur général des services (DGS) de la mairie de Nice en 2017. Il a été chargé de mission 16 mois au CDG 06 pour une activité qui "n'a laissé que peu de traces" selon la Chambre.

Le rapport de la Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Signalement d'un élu d'opposition 

L'ancien président d'Anticor, Jean-Christophe Picard, aujourd'hui opposant écologiste de la métropole niçoise avait saisi les Procureurs de la République de Nice et Grasse suite à la publication du rapport. 

Les postes de la fonction publique ne doivent pas servir à faire plaisir à des amis, il y a des règles, des normes de recrutement.

Jean-Christophe Picard, conseiller métropolitain d'opposition

Jean-Christophe Picard, président d'Anticor et Jean-Marc Governatori (à droite) ce mardi 4 février à Nice.
Jean-Christophe Picard, président d'Anticor et Jean-Marc Governatori (à droite) ce mardi 4 février à Nice. © Séverine Neuquelman FTV

L'enquête préliminaire diligentée par la direction inter-régionale de la police judiciaire devrait permettre de faire la lumière sur cette affaire.
 
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