Un interne étranglé aux urgences du CHU de Nice : un syndicat sonne l'alerte

Le patient, qui a étranglé un interne, souffrait de troubles psychotiques. / © Cyril Dodergny / Maxppp
Le patient, qui a étranglé un interne, souffrait de troubles psychotiques. / © Cyril Dodergny / Maxppp

Le syndicat des internes proteste après la violente agression d'un jeune médecin au CHU de Nice, ce samedi 26 octobre. Il dénonce une "réponse insuffisante de la direction" et son "manque de considération" pour ces étudiants en médecine placés en première ligne avec la grève des urgences.

Par Hugo Lemonier

Ce fait divers pourrait-il être l'étincelle du mouvement des internes au CHU de Nice ? Le 26 octobre, un patient, souffrant de troubles psychotiques, est amené par les forces de l'ordre aux urgences. L'homme est blessé à l'avant-bras, il est déposé dans un box afin d'être ausculté.

Les uniformes quittent la salle, seuls deux internes, âgés de 22 et 27 ans, demeurent dans la grande salle où patientent d'autres personnes venues pour une consultation. Ni l'un, l'autre n'est informée de la dangerosité potentielle de leur patient. Soudain, l'indivu sort, renverse un ordinateur, un interne s'interpose : l'homme le prend à la gorge et l'étrangle pendant plusieurs dizaines de secondes.

"Notre collègue nous a dit n'avoir jamais été serré aussi fort de sa vie", raconte Pierre Colaux, responsable du syndicat des internes de Nice. La victime et son agresseur tombent à terre, se débatent avant que l'individu ne puisse être maîtriser.

Auscultée par l'un de ses confrères, la victime s'est vu remettre une interruption temporaire de travailler de 4 jours, avant d'être remplacée au pied levé par un autre interne. 

La direction se défend

"Que faisait-il dans la zone la moins sécurisée des urgences, sans même être accompagné par les forces de l'ordre ? Comment se fait-il que les jeunes internes n'aient pas été informés qu'il a déjà commis des agressions ?", s'interroge le syndicaliste.

L'interne est allé porter plainte, ce lundi. Le jeune homme a depuis réintégré le service des urgences. Le syndicat des internes dénonce le manque de soutien de la direction confrontée à une "tentative d'homicide" sur l'un de ses employés : "Il n'a reçu aucun coup de file durant sa convalescence", affirme Pierre Colaux.

La direction a réagit dans les colonnes de Nice Matin pour "rétablir la vérité" : "Dès réception de l'alerte, le directeur de garde s'est rendu sur place pendant plus de deux heures pour échanger avec la victime", explique-t-on au CHU. "Une aide psychologique lui a été proposée plusieurs fois, aide qui a été refusée."

"Un sentiment de déconsidération"

En réaction, le syndicat FO "demande des mesures immédiates de mise en sécurité de nos agents". Mais tous les regards se tournent vers les syndicats d'internes, qui ne sont pas encore entrés dans le mouvement de grève des urgences.

Et pourtant, les étudiants-médecins ont de nombreux griefs contre le gouvernement : "Il y a un sentiment de déconsidération", résume Pierre Colaux, qui participe au niveau national aux actions à entreprendre pour attirer l'attention des pouvoirs publics. 

Payés en dessous du SMIG, affectés par une réforme de leur formation largement contestée, certains ont décidé de rejoindre le mouvement social à l'hôpital. Les internes parisiens appellent à la grève le 14 novembre.

 

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