La France impose une quarantaine aux voyageurs britanniques :"on renonce à nos vacances sur la Côte d'Azur, tant pis !"

À compter de ce 31 mai, la France impose une période de quarantaine pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni. Une clientèle massivement présente sur la Côte d'Azur. Certains Britanniques annoncent renoncer à leur voyage.

La famille Lee a décidé de repousser son voyage sur la Côte d'Azur. Port de Saint-Laurent-du-Var, l'été dernier.
La famille Lee a décidé de repousser son voyage sur la Côte d'Azur. Port de Saint-Laurent-du-Var, l'été dernier. © Mary Lee.

Au coude-à-coude avec les Italiens, les Britanniques représentent la majorité des touristes venant sur le sol méditerranéen. Un lieu de villégiature historique pour les Saxons, résidences secondaires, visite de leur famille vivant ici ou découverte de la région, ils sont nombreux chaque année : 860 000 séjours réservés selon le Comité régional du tourisme - CRT.

Quarantaine de 7 jours

C'est une décision gouvernementale tombée comme un couperet. Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé mercredi 26 mai la mise en place de nouvelles restrictions pour les voyageurs provenant du Royaume-Uni : test PCR négatif de moins de 36 heures (au lieu de 72 jusqu’à maintenant) accompagné d’une quarantaine de 7 jours.

Une décision face à l'inquiétude du variant indien, progressant au outre-Manche.

Les sujets de la Reine Elizabeth II devront dès ce lundi 31 mai se soumettre à cette quarantaine imposée comme cette longue liste de pays classés rouge par la France (quarantaine de 10 jours pour les autres) et de potentiels contrôles.

L'amende pour non-respect de la quarantaine s'élève de 1.000 à 1.500 euros. Un frein pour les habitués de la French Riviera. 

"Wait and see!" On avait prévu de venir, mais là on est plus sûr de rien

reconnait Mary Lee.

Mary Lee et son mari viennent souvent à Nice, leur fils, Michael vit sur la Côte d'Azur pendant deux ans. "Ça va être difficile de venir parce que si l'on vient deux semaines pour en passer une en quarantaine et devoir faire quatre tests, ça fait beaucoup et l'on ne va pas pouvoir voir notre fils et sa chérie longtemps". 

Mary Lee, son mari et son fils à la colline du château à Nice, l'été dernier.
Mary Lee, son mari et son fils à la colline du château à Nice, l'été dernier. © Mary Lee.

En deux ans, ils n'ont pu voir leur fils que deux fois, la dernière fois, c'était pour Noël :"ils ont pu venir mais avec beaucoup de restrictions, pour nous ne pas pouvoir se rendre à Nice cet été est vraiment un coup dur. Nous sommes très déçus, de plus, c'est vraiment une destination que l'on adore." explique Mary Lee décidée à décaler son voyage.

C'est dommage parce que ça stoppe l'économie, on voulait passer nos vacances sur la French Riviera comme beaucoup d'Anglais, mais on va rester en Angleterre.

Mary Lee.

Variant indien outre-Manche

Le nombre de contaminations à ce variant a explosé outre-Manche, augmentant de 160% au cours de la semaine écoulée, rapporte le journal The Guardian. L'agence sanitaire Public Health England a comptabilisé 3.424 cas confirmés, contre 1 313 cas confirmés le jeudi précédent.

Une situation que résume l'épidémiologiste anglais Eric Feigl-Ding sur Twitter.

De quoi interroger puisque le Royaume-Uni est pourtant le pays européen le plus vacciné (au 21 mai, 55,7% de sa population avait reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19, contre 33,48% en France, selon les données de Our World in Data*).

Une incompréhension pour Mary Lee : "Mon mari et moi avons reçu les doses, le programme se passe très bien en Angleterre, mais ce n'est pas pareil partout dans le monde et le virus continue de circuler. A cause du variant venant d'Inde, nous devons accélérer partout".

Le 24 juin, toutes les restrictions devaient être levées, désormais le gouvernement est en train de réétudier le déconfinement, c'est décevant mais si c'est nécessaire, nous devons le comprendre et faire avec. Tant pis pour les voyages !

Mary Lee.

Sur les 53% de touristes étrangers, les Britanniques représentent de 14 à 20 % selon les années. Le CRT n'a pas pour l'instant "le recul nécessaire" pour dresser les premières retombées chiffrées.

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