Le centre de rétention administrative ne verra pas le jour à La Trinité, "une très belle victoire" pour son maire

Ce centre fermé pour étrangers dans l'attente d'une expulsion ne verra pas le jour sur la commune de La Trinité, dans les Alpes-Maritimes.

Le ministre de l'Intérieur avait évoqué la création d'un centre de rétention administrative (CRA) dans un courrier à Christian Estrosi, révélé par Nice-Matin le 15 mai. Le maire de Nice avait aussitôt exprimé sa surprise et averti le maire de La Trinité qui s'était immédiatement opposé au projet évoqué par Gérald Darmanin. 

Le maire de la Trinité a reçu, mercredi 24 mai dans la soirée, un appel de Christian Estrosi. Cette fois, pour lui annoncer que le CRA ne verra pas le jour sur sa commune. "Je l’ai appris du maire de Nice qui m’a appelé hier me rapportant les échange qu’il a eus avec le ministre de l’Intérieur en me confirmant qu’il avait défendu notre position commune", explique Ladislas Polski (MRC).

Une pétition en ligne lancée contre ce CRA

Le terrain évoqué pour la création du centre dans le courrier du ministre de l'Intérieur était celui du stade de l’Oli. Pour le maire, "ce terrain n’était pas la solution. C’est une très belle victoire et une immense nouvelle".

D'autant que Ladislas Polski avait identifié ce site pour accueillir le nouveau siège de la communauté de brigade de gendarmerie, l'actuel bâtiment hébergeant la brigade étant, selon lui, devenu inadapté.

Une pétition en ligne contre le centre de rétention a recueilli plus de 2 000 signatures. Elle a été relayée sur le site officiel de cette commune de 10 000 habitants.

"Nous avons pris notre part"

La commune de La Trinité est classée zone de sécurité prioritaire. C'est-à-dire qu'elle est déjà considérée comme une zone sensible. Pour Ladislas Polski : "On ne peut nier que ce type d’équipement [CRA] revêt une dimension symbolique de disqualification pour un territoire en requalification".

Le maire explique que La Trinité déploie des efforts pour se requalifier : elle va ainsi accueillir le tramway en 2028, une salle culturelle doit voir le jour en 2025 et elle a reçu le soutien des Finances publiques pour équilibrer son budget.

La ville de La Trinité a récemment accueilli des mineurs étrangers non accompagnés. Leur lieu d'accueil temporaire est le fort de la Drète, un ancien bâtiment militaire datant de 1882 loin des habitations, contrairement au stade de l'Oli. 

"Comme élu, je considère que le centre de rétention administrative fait partie de l’arsenal dont on doit se doter pour participer à une régulation des flux migratoires", affirme Ladislas Polski, qui se revendique comme Chevènementiste, du nom de l'ancien ministre de l'Intérieur du socialiste Lionel Jospin.

Le centre accueilli à Nice ? 

La mairie de Nice explique à France 3 Côte d'Azur que plusieurs sites sont envisagés. Christian Estrosi et son premier adjoint Anthony Borré avaient déjà écrit au ministre de l'Intérieur pour proposer un local municipal qui accueillerait temporairement un CRA. Il s'agit, selon eux, de "contribuer à la logistique qui en découlerait".

Le CRA actuel n'a pas la capacité suffisante pour faire face à l'afflux de migrants en situation irrégulière dans le département. Plusieurs sites à l'ouest de la ville ou proche de l'aéroport sont évoqués pour l'installation de ce futur centre.