Me Temime : "Quand Maurice Agnelet ne tue pas, il détruit"

Pour Me Temime, les "preuves certaines" de la culpabilité de Maurice Agnelet sont nombreuses. "Oui il a tué Agnès Le Roux. Oui, il a prémédité son acte." Il assure que ce procès a été "plus clair" que celui d'Aix-en-Provence il y a sept ans. Et "le récit de Guillaume Agnelet ne s'invente pas."

Me Hervé Temime, avocat de la partir civile
Me Hervé Temime, avocat de la partir civile © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Les pires craintes

Pendant un peu plus d'une heure trente, l'avocat de la partie a tenté de démontrer que Maurice Agnelet était bien l'assassin d'Agnès Le Roux. "Et pourtant ce procès, 37 ans après les faits, il paraissait presque impossible. Qui allait être là, qui viendrait ? J'avais les pires craintes." Et s'adressant aux jurés, au président et à ses assesseurs: " Et pourtant, vous allez rendre la justice de manière miraculeuse. J'en appelle à votre conscience, à votre liberté."

Un procès "plus clair"

Me Temime assure que ce procès a été "plus clair" que le premier procès qu'il a connu il y a sept ans (lorsqu'il est devenu l'avocat de la famille Le Roux). 

"Oui, Maurice Agnelet a tué Agnès Le Roux, Oui il a prémédité son acte."

"Le bénéfice du doute n'est pas le bénéfice du cynisme. "


"Des preuves certaines"

Et Me Temime d'égrener ce qui, pour lui, sont "des preuves certaines". A commencer par les mensonges de Maurice Agnelet. "Le mensonge ne constitue pas une preuve mais on peut chercher à comprendre pourquoi on ment". "Quand une personne disparaît, on ne ment pas, on donne des informations pour essayer de la retrouver.

L'amour avec Agnès Le Roux ? Tu parles ! Fait-il un acte pour la retrouver ?
Rien !

Agit-il comme quelqu'un qui doute de sa disparition définitive ? Jamais ! Il ment à tout le monde. Il ment à Jean-Charles Le Roux, le frère d'Agnès, qui va se sentir coupable de l'avoir cru."

Mise en scène

"Désolé, mon chemin est fini. Je veux que Maurice s'occupe de tout." La photocopie d'un message d'Agnès Le Roux amputé de la date, retrouvé au cabinet de Maurice Agnelet en 1978 signe également sa culpabilité selon l'avocat de la partie civile: "Ce billet signe la mise en scène de la disparition d'Agnès et c'est lui qui l'a fait. C'est Maurice Agnelet ! Il est cuit !" Mais le bâtonnier de l'époque le sauve et il n'est même pas inculpé."

La justice a gravement failli en 1978. Oui, on peut parler d'un Outreau à l'envers."

Me Temime évoque également les annotations dans des tomes de la Pléiade. "Le 2 novembre 1977: Reclassement du dossier PM (Palais de la Méditerranée): il est débarrassé d'Agnès le Roux et il l'écrit ! "

"Le Patrick Buisson des années 70"

Maurice Agnelet a enregistré de nombreuses conversations qui ont été versées au dossier. On entend la voix d'Agnès Le Roux. "C'est le Patrick Buisson des années 70! Quelle crauté ! Mais il est aussi important de bien noter ce qu'il n'y a pas sur ces cassettes. Rien sur le fameux week-end de la Toussaint 1977 (disparition d'Agnès), aucune discussion avec Françoise Lausseure (qui lui a servi un moment d'alibi). Et puis il y a l'argent: "la raison de la disparition d'Agnès" selon l'avocat.

Me Temime est revenu sur la déposition de Guillaume Agnelet, qui a accusé son père d'être l'assassin d'Agnès Le Roux.

"Guillaume Agnelet, je le crois, je n'ai aucun doute sur ce qu'il a dit. Son récit ne s'invente pas.

Cet homme a droit à notre respect. Mais je ne veux pas que la condamnation de Maurice Agnelet ne repose que sur ses épaules. Pourquoi il l'a fait ? Parce qu'il n'en pouvait plus de ce secret.

"Quand Maurice Agnelet ne tue pas, il détruit".


L'avocat général, Philippe Petitprez prononcera son réquisitoire à partir de 14h. La défense de Maurice Agnelet, Me Saint Pierre aura ensuite la parole ou demain matin. Le verdict serait alors rendu vendredi soir. 










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