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"Nous continuerons car c'est nécessaire", dit Cédric Herrou après sa condamnation

"Nous continuerons car c'est nécessaire de continuer", a lancé ce vendredi l'agriculteur de la vallée franco-italienne Cédric Herrou, satisfait de la décision du tribunal correctionnel de Nice, qui l'a condamné à 3.000 € d'amende avec sursis.Il sera l'invité à 12h du JT de France 3 Côte d'Azur.
Rassemblement ce vendredi 10 février devant la palais de justice à Nice.
Rassemblement ce vendredi 10 février devant la palais de justice à Nice. © Nathalie Layani - France 3
"On continuera à agir et ce n'est pas sous la menace d'un préfet ni les insultes d'un ou deux politiques que nous arrêterons. Nous continuerons car c'est nécessaire de continuer", a déclaré le militant, à peine sa condamnation prononcée, en sortant du tribunal au bras d'une  militante d'origine malienne et acclamé par 200 personnes massées devant le palais de justice.

Manifestation ce vendredi à Nice :

durée de la vidéo: 01 min 57
Soutien à Cédric Herrou ce vendredi matin

Le tribunal l'a déclaré coupable d'avoir pris en charge des migrants sur le sol italien mais l'a relaxé des autres faits pour lesquels il était poursuivi, notamment l'installation sans autorisation d'une cinquantaine d'Érythréens dans un centre de vacances désaffecté de la SNCF ou des faits d'aide au séjour et à la circulation d'étrangers en situation illégale. 

Cédric Herrou a accueilli avec satisfaction la décision du tribunal: "La présidente du tribunal a été plutôt à l'écoute et a su prendre conscience de la problématique d'accueil (des migrants), au moins sur le sol français", a-t-il estimé.


"La victoire, ce sera quand on aura plus a faire tout ça et que je pourrai reprendre ma vie normale et mon activité" a-t-il ajouté.


Son avocat, Me Zia Oloumi, a salué "un verdict juste malgré la pression médiatique et politique": "Cela démontre que le tribunal a bien compris que (l'action de Cédric Herrou) était uniquement à but humanitaire, même si le droit, en l'état actuel, ne lui permettait pas de faire entrer des personnes sans avoir des éléments assez clairs sur chacune des personnes".

Le parquet, qui lui reprochait une stratégie militante et un détournement de la loi de décembre 2012 accordant l'immunité pénale à ceux qui apportent une aide humanitaire et désintéressée aux migrants, avait requis huit mois de prison avec sursis à son encontre. 

Le militant a de nouveau annoncé que les associations allaient attaquer en justice les autorités françaises : "il y a beaucoup d'avocats français et italiens qui sont à nos côtés et on va lancer des procédures pour le non respect du protocole de réadmission" par la police aux frontières (PAF). 

"La justice est témoin des conditions déshumanisantes pour les gens qui sont sur le sol français. Nos représentants politiques ont le devoir d'assumer leur responsabilités
en accueillant avec dignité les gens qui mettent le pied sur le sol français, a-t-il poursuivi.
- Avec AFP
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