Ce jeudi 26 janvier, plusieurs perquisitions ont eu lieux en France, dans les locaux de la Métropole Nice Côte d'Azur, à la mairie de Nice, ainsi que dans les locaux de la société en charge du projet Iconic, à la demande du parquet national financier de Paris. Au moins trois adjoints au maire de Nice sont concernés.

Ce jeudi 26 janvier, plusieurs perquisitions se sont déroulées à la demande du PNF, le parquet national financier de Paris. Toutes ont visé des personnes ou des institutions liées au projet immobilier Iconic, accolé à la gare Thiers de Nice, qui doit être livré au printemps 2023.

Ce nouveau bâtiment couvert de façades vitrées est d'une surface de plus de 18.000 mètres carrés et doit accueillir un hôtel Hilton de 120 chambres, mais aussi des cafés et restaurants, comme l'indique le site internet du promoteur. 

A Nice, les locaux de la métropole et ont été perquisitionnés, et notamment les bureaux de plusieurs élus de la commune dirigée par Christian Estrosi. D'après nos informations, ce sont 3 adjoints, également conseillers municipaux qui ont été visés par ces perquisitions.

Une information judiciaire ouverte

Ces opérations ont été menées dans le cadre d'une information judiciaire, a expliqué le parquet national financier (PNF) ce jeudi, ouverte depuis novembre 2022 pour des chefs de trafic d'influence, escroquerie en bande organisée, abus de biens sociaux, et faux et usage de faux.

Cette information est suivie par la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO).

Ces perquisitions ont été menées car les enquêteurs cherchent des éléments pouvant prouver des traces d'influence qu'auraient pu avoir ces personnes dans le choix du promoteur, la Compagnie de Phalsbourg, qui a été choisie parmi 17 autres dossiers lors de l'appel à projet réalisé en 2017.

Plusieurs perquisitions en France 

Des perquisitions ont également eu lieu ce jeudi au domicile de quatre personnes physiques à Paris, dans les Alpes-Maritimes et le Var. De source judiciaire, on sait qu'elles se sont déroulées au siège de deux sociétés à Paris et dans les Alpes-Maritimes, et également dans les locaux régionaux d'une autre société parisienne également dans les Alpes-Maritimes.

Ce vendredi 27 janvier, on apprend de plusieurs sources que des locaux parisiens de la Compagnie de Phalsbourg ont été perquisitionnés la veille, ainsi que les domiciles de deux dirigeants de cette société implantée Place Vendôme.

Philippe Journo, son propriétaire et gérant, ainsi que Gaël Romero, son directeur régional en région PACA, ont vu leur domicile visité ce jeudi par les forces de l'ordre. 

Contactée ce vendredi matin par la rédaction de France 3 Côte d'Azur, la Compagnie de Phalsbourg a expliqué qu'elle travaillait à la rédaction d'un communiqué de presse, mais qu'il ne serait pas diffusé dans la journée.

Toujours en Côte d'Azur, à Villefranche-sur-Mer, le siège de la société Fondimmo a également été perquisitionné, tout comme le domicile du gérant de cette entreprise dirigée par l'Italien Paolo Celi, comme le rapportent nos confrères de Mediapart. C'est lui qui aurait présenté l'actuel maire de Nice au pape François.

Jury du concours "Gare Thiers-Est"

Selon des sources concordantes, les trois élus niçois visés par les perquisitions faisaient partie du jury du concours "Gare Thiers-Est", lancé par la métropole de Nice et qui a attribué en 2016 à la Compagnie de Phalsbourg la création de cet ensemble immobilier niçois.

Du côté des relations presse de la mairie de Nice, on assure que dès ce jeudi 26 janvier, ces membres "ont donné suite aux demandes formulées par les enquêteurs dans le cadre de leur investigation".

C'est parmi de nombreux autres projets présentés pour cette partie du centre-ville de Nice, que la Compagnie de Phalsbourg a été choisie.

Une vidéo de présentation montrait alors le résultat final de ce nouvel immeuble en plein centre-ville niçois, à deux pas de l'avenue Jean-Médecin, et de la gare Thiers. Une vidéo avait été postée sur le compte Youtube de la Compagnie de Phalsbourg une fois le concours remporté.

Jeudi matin, la métropole avait confirmé qu'une "perquisition (était) en cours dans un bâtiment à l'ouest de la ville qui concernerait le projet Iconic".

La ville et la métropole "ignorent tout à ce stade de la procédure sur la nature ou sur la portée des investigations", précisait un communiqué transmis à l'AFP, en soulignant qu'il a été "demandé au directeur général des services de donner suite avec célérité à toutes les demandes formulées par les enquêteurs".

"S'il s'avérait qu'un agent public soit mis en cause dans cette procédure, la métropole engagerait alors des mesures de suspension", a encore indiqué la métropole.

L'Iconic, ensemble immobilier imaginé par l'architecte américain Daniel Libeskind, comprend un hôtel de prestige, des bureaux et des commerces. Sa construction a pris du retard et la livraison est prévue au printemps 2023.

-Avec AFP