C'est une première à Nice ! Après les points de vente éphémères de colis perdus, c'est une boutique ayant pignon sur rue qui ouvre 7 jours sur 7. Ce concept fonctionne, le magasin ne désemplit pas !

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Depuis le 5 février à Nice, dans un magasin situé dans la plaine du Var, il y a foule. Ouvert du lundi au vendredi, le "show room" comme l'appelle sa patronne Mathilde Rahmani, accueille toujours plus de clients. Il y en a jusqu'à 70 certains jours qui achètent plusieurs kilos de colis. Qu'est-ce qu'il y a dedans ? C'est le mystère !

Les visiteurs apprécient la taille du paquet, imaginent son contenu. S'agit-il d'un produit informatique, de lunettes, de vêtement ou d'appareils électroménagers ? C'est le principe de la pochette-surprise, et c'est après l'achat, au prix de 15 euros le kilo, que l'on découvre si l'on a fait ou pas une bonne affaire !

Et chaque jour à Nice, 80 à 100 kilos de marchandise sont ainsi vendus. Le concept "Destock Colis" lancé au départ dans l'Hérault n'en finit pas de se développer en France sous forme de ventes éphémères – comme à Carros dans les Alpes-Maritimes fin 2023 - ou dans des magasins ayant pignon sur rue comme à Nice qui a pris une franchise. D'ailleurs, en cette fin janvier, l'antenne Côte d'Azur fait d'une pierre deux coups puisqu'elle s'apprête à écouler 11 tonnes de marchandises, soit 54 palettes au total.

Une vente qui ne durera que quatre jours, non loin du stade Allianz Riviera !

Les gens aiment beaucoup les boîtes ! le panier moyen, c'est 2 kilos en showroom, 5 à 6 kilos en boutique éphémère. Les acheteurs sont heureux "

Mathilde Rahmani, directrice de l'antenne Côte d'Azur de Destock Colis

Une conséquence de la loi antigaspillage

Depuis le 31 janvier 2021, la loi antigaspillage interdit la destruction des invendus non alimentaires. En clair, produits électroniques, d’hygiène, vêtements, chaussures, livres ne doivent plus être mis en décharge ou incinérés. Ils doivent être donnés ou recyclés ! 

Et puis il y a tous ces colis commandés sur le Net, perdus ou jamais réclamés qui pour diverses raisons, ne sont donc jamais remis à leurs destinataires.

Pendant 90 jours, ces colis appartiennent aux différents transporteurs privés, puis ils peuvent être vendus à la tonne avec un contrat à la clé. À Nice, on achète beaucoup, car on mise sur les volumes.

On a des palettes allemandes, suédoises, elles viennent de l'Union Européenne et elles ont passé la douane. Pas de colis français, la Poste organise elle-même son système de revente aux enchères ! Le transporteur a l'obligation de cacher l'adresse des destinataires !

Mathilde Rahmani

Mathilde Rahmani accueille elle-même les acheteurs et avec son mari, ils n'ont pas hésité à se lancer dans une aventure qui, dit-elle, donne le sourire aux acheteurs.

" l y a beaucoup de cadres qui achètent, ouvrent les colis à la pause déjeuner. Ils nous disent qu'au moment d'ouvrir le paquet, il y a comme une montée d'adrénaline".

À la clé, une chasse au trésor et un objet inattendu, qui sera utile... ou pas !

Les surplus alimentaires trouvent eux preneur, à portée de smartphone... L'application "Too Good to Go" par exemple, met en relation les habitants avec les commerces qui souhaitent distribuer leurs invendus à prix cassés.