Robert Namias défend Nice-Matin face aux critiques d'Eric de Montgolfier

"La situation financière de Nice-Matin est bonne", a assuré vendredi à l'AFP Robert Namias, à la tête du groupe de presse depuis le 1er décembre, "indigné" par un article paru sur lepoint.fr reprenant des propos de l'ex-magistrat Eric de Montgolfier. Ce dernier nous avait fait part de ses réserves.

Eric de Montgolfier, ancien procureur de la République de Nice, aujourd'hui à la retraite à Bourges, avait été sollicité à l'automne par la coopérative de salariés de Nice-Matin pour entrer au futur Conseil de surveillance.

Convié à une seule réunion informelle de cette instance, encore provisoirement composée de quatre salariés, M. de Montgolfier a préféré "démissionner" et en informer le procureur de Nice, raconte-t-il au Point qui évoque de son côté des "rumeurs" sur un groupe "exsangue".

Déjà en décembre dernier, il exprimait des réserves au micro de Laurent Verdi :


"C'est un tissu de contre-vérités", a réagi vendredi Robert Namias, président du directoire provisoire depuis le 1er décembre, qui a envoyé un courrier aux 950 collaborateurs du groupe pour démentir des "rumeurs venimeuses".


Il y précise que "l'élection pour six ans du Conseil de surveillance définitif est prévu le 26 mars" et que "tout se met en place conformément aux décisions du tribunal".
N'en déplaise à certains repreneurs écartés, "les comptes ont été redressés, la trésorerie est largement positive et l'entreprise assurée de sa pérennité", écrit-il aux salariés.

Robert Namias détaille à l'AFP que le groupe a actuellement "6 millions d'euros de trésorerie". Un prêt de 4 millions d'euros accordé par l'homme d'affaires Bernard Tapie va en outre être remboursé par anticipation, grâce à la vente des murs de trois agences situées à Cannes, Saint-Tropez et Monaco.
Le groupe est assis sur "40 millions d'actifs immobiliers" notamment dans une zone appelée à un fort développement économique (projet "Eco Vallée" de la métropole niçoise), ajoute-t-il, en évoquant des ventes de terrains dans les trois prochaines années.

Retrouver son indépendance

Interrogé par l'AFP, Eric de Montgolfier persiste et signe.  "On m'a demandé d'accepter de rentrer au Conseil de surveillance. Puisqu'il s'agissait d'aider Nice-Matin à retrouver son indépendance, j'ai dit +bien volontiers+. Ce n'était pas pour faire de la figuration", dit-il. 


Invité à une réunion du Conseil de surveillance informel en janvier, il s'était étonné d'entendre parler de vente d'actifs immobiliers. "J'avais trouvé que c'était curieux qu'ils en soient là", commente-t-il, en rappelant qu'un Conseil de surveillance est chargé notamment de "contrôler le directeur général" et doit être "complètement informé de la situation".

Le 7 novembre, le tribunal de commerce de Nice avait choisi l'offre de la coopérative des salariés de Nice Matin, soutenue financièrement par Bernard Tapie, pour la reprise de leur groupe en difficulté.
(Avec AFP)