Université Côte d'Azur : confinée mais pas fermée... explications

Alors que les écoles, collèges et lycées échappent au reconfinement, l'université, elle, passe à l'enseignement en ligne. Pour autant, l'Université Côte d'Azur ne sera pas totalement fermée. A quoi ressemblera la rentrée lundi ?

Le campus Saint-Jean d'Angely, à Nice. Les amphis de la faculté de Lettres resteront vide lundi, avec le reconfinement.
Le campus Saint-Jean d'Angely, à Nice. Les amphis de la faculté de Lettres resteront vide lundi, avec le reconfinement. © Jean-François Ottonello/MAXPPP
Les vacances touchent à leur fin... lundi, pour les 35000 étudiants de l'Université Côte d'Azur, ce sera la rentrée... à domicile.

Pour ce reconfinement, le gouvernement a tranché : les cours à l'université auront lieu en ligne. Pour autant, les universités ne sont pas officiellement fermées. Elles restent ouvertes, seules les modalités d'accueil changent... Nuance...
 
Jeanick Brisswalter, le président d'Université Côte d'Azur, nous aide à décoder : "A partir de lundi 2 novembre tous les cours magistraux et les travaux dirigés se feront en distanciel. Mais le décret qui vient de sortir nous permet d'organiser les formations qui nécessitent des aspects pratiques, avec des aménagements spécifiques. Cela ouvre des possibilités pour certains travaux pratiques, après avis du recteur".
 
En clair, l'université ne sera pas fermée, mais l'activité sur site sera réduite à son strict minimum. Pour l'activité recherche et innovation, le télétravail, qui était depuis le déconfinement du mois de mai "proposé", sera "fortement recommandé".
 

L'objectif est qu'il n'y ait plus de flux d'étudiants sur les campus.

Jeanick Brisswalter, président d'Université Côte d'Azur



Depuis la rentrée universitaire en septembre, l'Université Côte d'Azur avait déjà opté pour une formule "hybride", avec des promotions divisées en deux : une semaine de cours sur place, une semaine en distanciel.

Le "tout distanciel" imposé par les nouvelles règles sanitaires à partir de lundi ne va pas sans certaines préoccupations pour l'Université. "Si l'on considère que nos étudiants ne sont plus en contact avec nos enseignants, cela pose des problèmes d'accompagnement. C'est particulièrement vrai pour les néo-bacheliers. Ils sont 7000. Ils n'ont pas vu le lycée depuis le mois de mars et connaissent à peine l'université depuis septembre. C'est vrai aussi pour les étudiants en deuxième année, qui n'ont fait qu'une demi-première année. Il y a un risque important de décrochage, sur lequel nous avons alerté le ministère.
 
Cette problématique est aussi celle de la FACE 06, principale association étudiante dans les Alpes-Maritimes. "Pour certains, c'est fondamental de se rendre physiquement en cours" nous explique son président Amaury Baudoux. "Ceux qui n'ont pas vraiment connu ce qu'est l'université, nous ne voulons pas les perdre. Nous voulons être là pour eux".

Directement liée, la question de la "fracture numérique" parmi les étudiants. "Lors du premier confinement, l'Université Côte d'Azur avait fait un gros travail pour identifier et distribuer du matériel informatique à ceux qui ne sont pas équipés pour suivre les cours à distance. Nous comptons sur elle pour faire de même cette fois-ci", précise Amaury Baudoux.
 
Et quid des examens de décembre ? "On nous dit qu'ils pourront avoir lieu en présentiel, mais rien n'est sûr. Nous avons besoin de conditions d'examens claires, et de diplômes qui valent véritablement quelque chose".

Pour faire face à la précarité grandissante parmi les étudiants, la FACE 06 gardera son épicerie solidaire, l'Agorae, ouverte pendant toute la durée du reconfinement. "Nous essaierons de distribuer dans la mesure du possible des paniers-repas gratuits à ceux qui en ont besoin. Et j'invite ceux qui n'en ont pas l'habitude, à venir nous voir à l'épicerie".
 
En attendant, hier jeudi a été le dernier jour de tests Covid gratuits à l'université. Cette campagne de tests, menée avec l'ARS et la Métropole Nice Côte d'Azur, a tourné pendant un mois sur les campus niçois. En l'absence des étudiants, elle n'a plus lieu d'être.
 
Cette campagne aura en tout cas apporté un enseignement : selon le président de l'Université, Jeanick Brisswalter, "elle a montré que le taux de positivité à la Covid-19 à l'intérieur des campus n'était pas plus important qu'à l'extérieur..."
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