A Puget-Théniers, le désert médical avance

Le dernier médecin de Puget-Théniers s'apprête à partir en retraite. A 6 kilomètres de là, la pharmacienne d'Entrevaux songe à fermer boutique. L'ARS a bien identifié le secteur comme "prioritaire" pour l'amélioration de l'accès aux soins. On fait le point sur la situation.

 

A 66 ans, Patrick-Louis Gautier a décidé de lever le pied. Dernier des sept médecins que Puget-Théniers comptait il y a 30 ans, il ne consulte plus que 2 fois 4 heures par semaine. Avant de prendre sa retraite en janvier prochain, sans successeur.

Dans la salle d'attente de son cabinet, certains patients sont plus qu'inquiets pour l'avenir. "On est en souffrance, en danger, même" lance une habitante. Faute d'autre solution, c'est le médecin d'Entrevaux à 6 kilomètres de là qui se dédoublera à partir de l'année prochaine, réduisant de fait sa présence dans sa commune d'origine.

Et les effets sont en cascade. La pharmacienne d'Entrevaux anticipe une baisse mécanique de son chiffre d'affaires. Elle envisage de mettre la clé sous la porte. "Soit j'irai m'établir ailleurs, soit je fusionne avec un confrère", réfléchit Véronique Buisson.

La ruralité n'attire plus les médecins

D'ici quelques mois le bassin de vie de Puget-Théniers ne comptera donc plus qu'un médecin pour 5000 habitants. C'est 15 fois moins que la moyenne nationale. Le maire de la commune est lui-même préoccupé. La collectivité a décidé de prendre en charge les loyers des cabinets médicaux, mais ce n'est visiblement pas suffisant. "La ruralité n'attire plus les médecins", se désole Robert Velay. "Aujourd'hui les gens veulent moins gagner peut-être, mais travailler moins, avoir plus de loisirs".
 
En avril dernier, l'Agence Régionale de Santé organisait une grande conférence de presse à Nice. Son objectif, présenter son plan d'action contre les déserts médicaux. Il n'existe pas en France de critères précis pour définir un désert médical. Mais l'ARS a répertorié dans les Alpes-Maritimes et le Var huit secteurs d'intervention prioritaire où il est urgent d'améliorer la médecine de proximité. Puget-Théniers en fait partie.
 

Si la relève se fait attendre pour le cabinet de médecine générale, le maire se réjouit tout-de-même d'avancées concrètes dans l'accès aux soins de spécialistes. Le Centre Hospitalier de Puget-Théniers, qui abrite principalement un EHPAD, a fusionné avec l'hôpital d'Antibes l'année dernière. Chaque mois, un pédiatre de la Fontonne y assure une journée de consultation. Et Robert Velay, président du Conseil de Surveillance de l'hôpital, assure explorer de nouvelles pistes avec l'ARS : "Grâce à la fibre, nous travaillons à la mise en place de consultations à distance. Nous l'espérons en tout cas dans le domaine de la cardiologie".
 
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