Les trois histoires qui ont rendu la Côte d'Azur anglaise

Ah, la French Riviera !  Haut lieu de villégiature des aristocrates anglais du XVIIIème siècle, savez-vous qu'on leur doit beaucoup ? 

La baie des anges vue de la colline du château.
La baie des anges vue de la colline du château. © Extrait FTV
On raconte même qu'ils ont inventé la Côte d'Azur ! Voici trois exemples, entre légendes et vérités, des nombreuses empreintes britanniques entre Saint-Tropez et Menton.

Cannes, découverte par un Anglais

Il s'appelle Lord Henry Brougham, il est un homme politique et écrivain. En 1834, il prend la route de l'Italie avec sa fille malade, Eleonore-Louise Brougham. Mais, lorsque le père et la fille arrivent à la frontière, à cette époque située au fleuve du Var, les douaniers leur refusent le passage, pour cause de choléra, ils font alors demi-tour. 

C'est un matin de décembre 1834, qu'Henry Brougham et Eleonore-Louise Brougham arrivent à Cannes, qui n'est alors qu'un village de pêcheurs concentré autour du Suquet.
 
En 1830, la ville ne compte que 3.000 habitants. Le charme opère. Séduit par le panorama, le bleu azur et la douceur de vivre, l'aristocrate acquiert un terrain dès janvier 1935 dans l'actuel quartier de la Croix-des-Gardes. Il y fait construire une somptueuse villa qui portera le nom de sa fille, décédée le 10 août 1935 avant la pose de la première pierre de la villa Eleonore-Louise
En 1935, Lord Henry Brougham fit construire la villa Eléonore-Louise.
En 1935, Lord Henry Brougham fit construire la villa Eléonore-Louise. © Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général / Marc Heller

C'est la première résidence de villégiature à Cannes. L'homme y invite ses amis de l'aristocratie anglaise. La ville de Cannes est née. Lord Henry Brougham décède au printemps 1868, enterré au cimetière du Grand Jas. Il possède désormais sa statue à côté du palais des festivals.
La statue à la mémoire d'Henry Brougham, square Frédéric Mistral à Cannes.
La statue à la mémoire d'Henry Brougham, square Frédéric Mistral à Cannes. © Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général / Marc Heller

 La Prom' tant désirée des anglais

À partir du XVIIIème siècle, de nombreux aristocrates britanniques viennent passer leurs hivers à Nice. A l'époque, la ville est réputée pour son climat doux. Ils font alors construire des villas le long de la baie des anges. Mais voilà, à Nice, il n'y a pas de sentier pour se promener en bord de mer. 
Au début du XVIII ème la Promenade des Anglais n'était q'un chemin de sable.
Au début du XVIII ème la Promenade des Anglais n'était q'un chemin de sable. © Extrait FTV
L'une des hypothèses consiste à dire que les Anglais, pris de pitié pour le peuple niçois après un hiver rigoureux et de mauvaises récoltes, ont financé la construction d'une promenade en bord de mer.

C'est le révèrent Lewis Way, qui après avoir tracé la dite promenade, a collecté des fonds afin d'employer des chômeurs et mendiants de 1820 et 1821. Les travaux se terminent en 1924. Elle est baptisée "Strada del littorale", mais les niçois la surnomment rapidement "El camin dei Inglés". C'est ce nom qui sera retenu lors de l'annexion du comté de Nice à la France en 1860.

Mais selon Hervé Barelli, spécialiste de l'histoire de Nice, au même moment les anglais font constuire une église anglicane. "Ils font une sorte d'opération de communication pour faire avaler la construction de l'édifice dans un pays catholique comme Nice, donc en même temps, ils font construire la promenade", explique-t-il.

Canon, ces britanniques !

Autre emblème niçois, le coup de canon de midi. La tradition remonte à 160 ans, Sir Coventry passe ses hivers à Nice. Mais, exaspéré de ne pas voir sa femme à l'heure pour le déjeuner, il demande à la mairie de Nice l'autorisation de tirer un coup de canon. L'idée, la prévenir qu'il est l'heure de rentrer. 
Sir Coventry demande à la maire de Nice l'autorisation de tirer un coup de canon.
Sir Coventry demande à la maire de Nice l'autorisation de tirer un coup de canon. © Extrait FTV
C'est ainsi que le maire de l’époque, M. Malausséna, accepta l’idée de l'ancien colonel de l'armée anglaise, car le lord prenait tout à ses frais, l’artillerie également.
L’histoire ne nous dit pas comment a réagi l’épouse en question. Les niçois adoptèrent la tradition. C'est ainsi qu'en 1885, alors que le lord ne séjourne plus à Nice l'hiver, le maire dépose un arrété municipal "Lou Canoun de Miejour".

Depuis, tous les jours de l'année, sauf le 14 juillet, pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Nice, retentit un coup de feu, le canon ayant été remplacé par une bombe d’artifice.
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