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Braquage de Gémenos: les accusés nient ou minimisent leur role lors de l'attaque

Les accusés nient ou minimisent leur role l'attaque violente d'un dépôt d'argent. Photo d'août 2011 : la police judiciaire et scientifique inspectant les lieux du braquage. / © Maxppp
Les accusés nient ou minimisent leur role l'attaque violente d'un dépôt d'argent. Photo d'août 2011 : la police judiciaire et scientifique inspectant les lieux du braquage. / © Maxppp

"Je ne sais même pas où il est, le centre-fort de Gémenos!", les douze accusés poursuivis depuis ce lundi par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour avoir tenté de braquer un dépôt d'argent à Gémenos dans les Bouches-du-Rhône, ont d'emblée nié ou minimisé leur participation.

Par @annelehars

La tentative de braquage du centre-fort de l'entreprise de transport de fonds Sazias de Gémenos, il y a quatre ans, s'était soldée par des échanges de tirs avec les gendarmes, qui avaient fait échouer l'opération.
L'un après l'autre, les douze hommes, de 28 à 57 ans, ont tous adapté la même ligne. Si le premier, Nicolas Daoudi, que les preuves matérielles accablent, reconnaît certains faits - vols de voitures, rôle de surveillance pendant l'opération, recel d'armes, il nie fermement la participation de ses coaccusés. 

Archives de 2011 :

Archives- Braquage à Gémenos en 2011
"Je garderai pour moi ceux qui ont fait ça, mais il y en a aucun qui est dans le box des accusés", déclare-t-il au président. Même tonalité pour deux autres mis en cause, qui reconnaissent des faits annexes. Les autres, qui se disent maçons, peintres ou employés de restauration, nient en bloc: "ni de près, ni de loin", commente l'un, "je ne sais même pas où il est, le centre-fort de Gémenos", lance un autre, théâtral.

Reportage ce lundi soir, Giorgetti J.Francois, Esnault Laurent et Boissonnet Maïa :

Procès tentative de braquage à Gémenos

L'ancien directeur de la brigade de répression du banditisme, Jean-Marc Saint-Just, raconte ensuite longuement comment certains des accusés, sur écoutes dans d'autres dossiers avaient évoqué "avec insistance" des "parties de pêches nocturnes". 

Durant l'enquête, les mis en cause ont d'ailleurs conservé cette ligne de défense: il s'agissait réellement de "parties de pêche", ont-ils affirmé. En garde à vue, l'amie de Nicolas Daoudi confirmait d'ailleurs l'intérêt de son compagnon pour la pêche... tout en notant qu'il n'avait rien ramené "depuis plusieurs mois".

Gendarmerie cadenassée

L'audience prévue sur trois semaines à Aix-en-Provence, avec l'audition de près de 60 témoins, dont l'un sous X, doit permettre d'établir le rôle des douze hommes dans ce "coup" manqué.
Trois des quatre gendarmes, qui avait mis en fuite les malfaiteurs, doivent notamment revenir ce mardi à l'audience sur leur intervention dans la nuit du 8 au 9 août 2011 à 03h30 du matin. 

C'est à ce moment-là qu'un commando de quinze à vingt hommes, avec au total huit véhicules, arrivent sur les lieux. Lourdement armés, ils forcent les portillons au pied de biche. Mais avant de s'attaquer réellement à leur cible, ils sont surpris, en plein "travail", par les quatre gendarmes.
Peu auparavant, les militaires avaient constaté en revenant de patrouille que la gendarmerie locale avait été cadenassée à l'aide d'une chaîne. Après avoir "libéré" leurs collègues, ils foncent vers le centre-fort, cible potentielle pour des braqueurs dans la région.
Après une courte observation, les gendarmes s'identifient, essuient des coups de feu, auxquels ils ripostent. La fusillade ne fait pas de blessé et les assaillants parviennent à s'enfuir à bord de trois véhicules, retrouvés peu après incendiés.

Les cinq autres véhicules avaient entretemps été disposés en barrage, pour faciliter leur fuite.
Si le braquage a échoué, la fuite a été minutieusement préparée: outre le cadenassage de la gendarmerie, les pneus des voitures de police du commissariat voisin d'Aubagne (Bouches-du-Rhône) avaient été crevés, des clous rouillés répandus aux alentours et lors de leur fuite.... rien n'est laissé au hasard.
Des écoutes téléphoniques dans d'autres dossiers, des analyses ADN et balistiques, un "tuyau" anonyme, et surtout un classique et minutieux travail d'enquête, ont permis de mettre en cause les douze accusés. Neuf sont incarcérés, deux en liberté sous contrôle judiciaire et un comparaît libre.
Les enquêteurs ont aussi découvert un box à la Ciotat, une "caverne d'Ali Baba" avec des armes, des explosifs, des détonateurs, des gilets pare-balles et un brouilleur d'ondes. - Avec AFP- 

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