Aix-en-Provence : rassemblement contre Amazon et "son monde"

A l'heure où les petits commerces "non essentiels" rouvrent, plusieurs associations et collectifs se mobilisent aujourd'hui pour dénoncer "les méfaits d'Amazon et de son monde". Un rassemblement est prévu à 14 heures aux Allées provençales.
 
Rassemblement de citoyens contre Amazon, sur un marché d'Aix-en-Provence (Nov 2020)
Rassemblement de citoyens contre Amazon, sur un marché d'Aix-en-Provence (Nov 2020) © Didier Bonnel
Après un rassemblement la semaine dernière au profit du commerce de proximité, les militants d'Attac, du Collectif climat, de XR Aix, du COLL.E.C appellent à un rassemblement contre "Amazon et son monde".

"Alors que les commerces de proximité ont subi deux confinements, Amazon est une concurrence déloyale. Le projet de construction de 20 entrepôts supplémentaires en France en 2021, va les achever", dénoncent les participants dans un communiqué.

L'un des entrepôts devrait voir le jour à Fournès, dans le Gard, à 20 mn seulement d'Avignon.
Le projet reçoit déjà une forte résistance localement.

Des robots à la place des humains

Amazon ne s'en cache pas : la multinationale a prévu de remplacer à terme ses employés par des robots.

"Actuellement pour un emploi créé, Amazon en détruit 4,5", poursuivent ses opposants. "Avec ses 20 nouveaux entrepôts ce sont 100 000 emplois supplémentaires détruits dans le commerce de proximité".

L'association Attac a prévu sur tout le territoire, plusieurs manifestations comme celle de ce 28 novembre à Aix-en-Provence. L'objectif est "d'informer le grand public sur le pouvoir toxique d'Amazon", explique Valérie Brülant, présidente d'Attac Pays d'Aix.

C’est un monstre tentaculaire qui grignote de plus en plus notre art de vivre, en détruisant tout sur son passage : emploi, commerce, environnement.


Valérie Brûlant, présidente Attac Pays d'Aix


"Son seul objectif : le profit", poursuit Valérie Brûlant. "La multinationale n'a rien à faire de toutes les considérations sociales et environnementales".

Dans les Bouches-du-Rhône, Amazon a installé un entrepôt "du dernier kilomètre" à Bouc-Bel-Air.
"Nous savons que les employés y travaillent entassés, sans respect des règles sanitaires établies dans la lutte contre le covid. Il s'agit souvent d'emplois précaires, au droit syndical bafoué",  précise Valérie Brûlant.

Amazon fait partie des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Micosoft), et n'échappe pas à leur système de fonctionnement : les géants du numérique sont accusés d’utiliser l’optimisation fiscale pour payer moins d’impôts.

Dans leur communiqué, les associations estiment que la multinationale "dissimule 57% de son chiffre d'affaires réalisé en France dans les paradis fiscaux", particulièrement au Luxembourg, alors que son président Jeff Bézos affiche une fortune "de 181 milliards de dollards".       

Alors que le Black Friday devait avoir lieu ce week-end, la décision a été prise par le gouvernement de reporter cette journée de grandes soldes à la semaine prochaine. Le directeur général d'Amazon France avait accepté ce report d'une semaine.

"Amazon est tellement puissante qu'elle n'était pas obligée d'accepter", estime Valérie Brûlant. "Mais elle l'a fait pour soigner son image auprès des Français".

"Nous avons le pouvoir de dire stop !"

"Quelle alternative aurons-nous si nos commerces de proximité disparaissent" au profit des géants de l'e-commerce ?, s'interrogent les collectifs et associations. Ils suggèrent
un "fonds de soutien à l'emploi et au commerce de proximité" alimenté justement par les géants de l'e-commerce, via une taxe exceptionnelle.

Et à l'heure où se discutent à l'assemblée nationale les propositions de la convention citoyenne sur le climat, les opposants à la multinationale rappellent qu'Amazon "est un des plus gros émetteurs de CO2 au monde".
Selon eux, la vingtaine d'entrepôts supplémentaires prévue par ce géant des Gafam, génèrerait "200  millions de produits supplémentaires" importés en France. "Une aberration en plein réchauffement climatique !", concluent les auteurs du communiqué.

Parmi les 149 propositions pour le climat figure la demande d'un moratoire sur le e-commerce, qui pourrait être inclus dans le moratoire sur les zones commerciales.

"Les discussions sont en cours. Et nous avons même lancé une pétition. Nous appelons les citoyens à contacter leurs députés pour qu'ils se prononcent sur le moratoire", ajoute la présidente d'Attac Pays d'Aix.
Ce samedi après-midi, les militants de son association seront présents sur les allées provençales d'Aix-en-Provence, pour ce premier jour d'ouverture post-confinement des petits commerces.
 
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