Ligne à très haute tension en Camargue : une "colonne vertébrale de 400 000 volts", qui scandalise les opposants

Lundi 11 mars, à Arles, s'est tenue une réunion de concertation publique dans le cadre du projet de la ligne électrique à très haute tension de 65 km de long entre Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, et Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Un projet qui a du mal à être avalée par l'opposition.

À Arles, lundi 11 mars, l'ambiance était agitée durant la réunion de concertation publique dans le cadre du projet de la ligne électrique à très haute tension de 65 km de long entre Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, et Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Si pour Christophe Berassen, directeur du centre développement ingénierie de RTE à Marseille "on a besoin de cette nouvelle colonne vertébrale de 400 000 volts", pour l'opposition, ce projet n'est pas le bienvenu.  

Trouver le passage "le plus pertinent et équilibré"

Le projet de la ligne électrique à très haute tension de 65 km de long entre Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard, et Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, continue de progresser. Une réunion de concertation a eu lieu à Arles, lundi 11 mars, après une première à Jonquières quelques jours auparavant. Une réunion qui "s’inscrit dans la concertation publique qui a été engagée sur ce projet", explique Christophe Berassen, directeur du centre développement ingénierie de RTE à Marseille.

Des échanges "riches", "parfois vifs" et pour le directeur, là est le sens de la concertation. "On souhaite recueillir les différents points de vue des personnes qui vivent sur le territoire, de manière à enrichir notre étude." L’objectif est de trouver, collectivement, le passage qui aura "le moins d’impact", celui qui paraît "le plus pertinent et équilibré" pour le territoire.

Sur le papier, tout est beau. Dans la salle, l’ambiance est tout autre et surtout contre ce projet de ligne à très haute tension. Si Christophe Berassen juge ce projet "indispensable pour la région, pour permettre la décarbonation de nos usages quotidiens domestiques et industriels", pour Cyril Girard, conseiller municipale d’opposition et conseiller communautaire.

Ce projet entérine le fait que la zone de Fos doit continuer à se développer, malgré toutes les promesses qu’on nous a faites.

Cyril Girard, conseiller municipale d’opposition et conseiller communautaire

à France 3 Provence-Alpes

Avant de poursuivre : "on nous vend la décarbonation, une étiquette un petit peu verte, pour continuer un projet industriel d’expansion, qui va impacter les territoires alentours. En réalité, on nous vend une multiplication des sources d’énergie pour pouvoir continuer à industrialiser, à détruire des espaces naturels et les territoires environnants, notamment le celui de Camargue".

"C'est un discours idiot"

D’ailleurs, pour Cyril Girard, cette réunion n’a rien d’une concertation. "On ne peut pas appeler ça une concertation quand on vient voir les gens en leur disant "on hésite entre le projet A et le projet B" et qu’on ne remet même pas en question le projet. L’ensemble de la salle ne voulait pas de ce projet". Et à la fin de la réunion, le sentiment de ne pas avoir été entendu ni écouté laisse un goût amer au conseiller de l’opposition. "À chaque fois les questions étaient bottées en touche, on voit que tout était très calibré, avec un temps d’explication et de questions et on a été contraints d'arrêter les questions alors qu’il y avait encore beaucoup de gens qui avaient la main levée."

Une prochaine concertation est prévue début avril, à Fos cette fois. Une manière de diviser pour mieux régner, aux yeux de Cyril Girard. "Évidemment qu’eux, qui vivent de l’industrie, sont pour le projet. Le maire de Fos a déjà expliqué dans les journaux qu’on avait sacrifiés Fos et Port-Saint-Louis et que maintenant, il était temps de sacrifier les abords de la ville d’Arles pour continuer la croissance. C’est un discours idiot."

Pour rappel, ce projet de 615 km², 48 km de long et 14 km de large entre le parc des Alpilles, la Camargue et le Marais de Viguierat, doit permettre de répondre à l'augmentation de la consommation d'électricité, qui pourrait presque doubler d'ici 2030.

Propos recueillis par Lola Baille pour France 3 Provence-Alpes.