La Barben : quatre questions sur le "Rocher Mistral", ce "Puy-du-Fou" provençal qui pourrait ouvrir en juin 2021

Le château de la Barben, situé dans la campagne aixoise, est en passe de devenir "Rocher Mistral", un vaste projet de 30 millions d'euros, englobant culture, patrimoine et écologie. Le préfet a annoncé qu'il allait installer un comité de pilotage sur ce projet qui vise 300 000 visiteurs par an.

Le parc du "Rocher Mistral" pourrait ouvrir à la Barben en juin 2021.
Le parc du "Rocher Mistral" pourrait ouvrir à la Barben en juin 2021. © Le "Rocher Mistral".

Le projet est enfin porté par des vents favorables. "Rocher Mistral", ce parc d’attractions provençales situé sur le site du château de La Barben dans les Bouches-du-Rhône, a franchi une étape importante. Le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de lancer un comité de pilotage pour accompagner ce projet, a appris France 3, mercredi 18 novembre.

Une décision importante pour ce projet, souvent comparé au parc du Puy-du-Fou en Vendée, et porté depuis le début de l'année par l’entrepreneur Vianney d’Alançon. France 3 revient en quatre questions sur "Rocher Mistral" qui vise 300 000 visiteurs par an.

• 1. En quoi consiste le projet "Rocher Mistral" ?

L'homme à l'origine de "Rocher Mistral", Vianney d'Alençon, conçoit ce projet à la fois comme patrimonial, environnemental et culturel. Il compte développer des spectacles vivants inspirés de l’histoire du site et d’œuvres d’écrivains et poètes comme Frédéric Mistral, Alphonse Daudet, Jean Giono, Marcel Pagnol. Ces spectacles et animations se dérouleront dans le château, mais aussi dans les jardins et les espaces extérieurs.

Ce sera le cas notamment pour le spectacle nocturne, proposé sous la forme d'une déambulation dans les jardins à la française, qui racontera la Provence de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe.
 

Des spectacles provençaux sont prévus au "Rocher Mistral".
Des spectacles provençaux sont prévus au "Rocher Mistral". © "Rocher Mistral".



Installé sur 400 hectares de territoire naturel, "Rocher Mistral" englobe aussi des projets agricoles et de protection des espèces florales, aromatiques et animales. Suivant la logique d'une agroécologie responsable, le projet se rallie notamment au plan de relance des pistachiers et amandiers, en encourageant le développement d'une économie locale basée sur les circuits courts.

"Rocher Mistral" compte aussi oeuvrer en faveur de la nature, avec plusieurs associations partenaires. Ainsi, le programme inclue la protection d'espèces en voie de disparition comme l'aigle de Bonelli, l'engagement pour la biodiversité, le développement d'une agroforesterie durable intégrant les espèces d'arbres de Provence.

Les artisans de la région ne sont pas oubliés. Un marché leur est dédié, qui deviendra village l'été prochain, pour présenter leur savoir-faire et leurs réalisations. Le projet de grande envergure, devrait générer 200 emplois directs et 200 emplois indirects. Il englobe des artisans donc, mais aussi des intermittents du spectacle, des paysagistes, des entrepreneurs ainsi que les employés de deux ESAT de Salon-de-Provence.

Le village doit aussi accueillir deux restaurants du chef marseillais triplement étoilé Gérald Passédat.

• 2. Quand ouvrira-t-il ?

Depuis plusieurs mois le projet "Rocher Mistral" était embourbé dans des démarches administratives. Dans son arrêté préfectoral du 23 juillet, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) avait ainsi refusé de délivrer, dans le cadre du permis d’aménager, une autorisation d’étude au cas par cas, demandant à la place une étude d’impact, rappelle Le Figaro

Mais la décision du préfet des Bouches-du-Rhône de lancer un comité de pilotage pourrait bien accélerer l'ouverture de ce parc. "C'est un beau projet qui a besoin de recevoir des autorisations et elles doivent être instruites conformément à un certains nombres de réglementations au titre de l'environnement par exemple, explique à France 3 Christophe Mirmand. C'est pour ça que les services se mettent dans une posture d'accompagnement du porteur de projet." Une décision vu d'un bon œil par l'équipe du "Rocher Mistral" qui estimait que le dossier était jusque-là dans une impasse. Désormais, l'ouverture du site pour juin 2021 semble tout à fait possible estime-t-on dans l'entourage de Vianney d'Alençon.

Le projet doit aussi attendre quelques travaux de réhabilitation du château de la Barben, avant de voir le jour. Les murs ont subi les affronts d’un millénaire. Et certaines de ses parties et de ses oeuvres sont dans un état dégradé. Avec la collaboration des Architectes de France, des travaux de rénovation ont déjà débuté sur les toits et terrasses pour mettre un terme aux infiltrations.

• 3. Qui est à l'origne de ce projet ?

Il s’agit d’un jeune entrepreneur social, Vianney d’Alençon, passionné de culture et de patrimoine. Il a déjà développé un projet à peu près identique à celui de la Barben, en Auvergne, avec la forteresse de Saint-Vidal qu’il a acquise il y a quatre ans. Ce passionné de l’histoire a su mobiliser là-bas 300 bénévoles enracinés dans leur culture pour en faire un site touristique, où se déroulent des spectacles historiques servis par les nouvelles technologies.

"Il y a une véritable urgence à s'engager pour ces monuments fragilisés par le temps, expliquait-il en juin. Le patrimoine fédère, et il y a une énorme attente de la part des Français et des Provençaux à ce sujet".

• 4. Pourquoi le château de la Barben a-t-il été choisi ?

La situation géographique a sans doute compté dans le choix de la Barben. Le château est en effet situé au croisement du Lubéron, de la Camargue, et des Alpilles. C'est l'un des monuments des plus pittoresques de Provence, des mots mêmes du peintre Marius Granet. Il est également le plus ancien château de Provence (1 000 ans d'existence), et son histoire est riche.

Son domaine compte plus de 400 hectares dans un milieu naturel et préservé. Cet espace n'est pas associé au zoo de la Barben, intégré tout près. La rivière de la Touloubre sépare les deux entités.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
zoo animaux nature tourisme économie