Grève des poubelles : la préfecture réquisitionne les agents pour le nettoyage

Lundi, ordures et sacs poubelle éventrés ont envahi la chaussée et été emportés par les violentes pluies. Un accord de fin de grève a bien été signé vendredi avec FO et FSU, mais pas avec la CGT. Un arrêté préfectoral a été publié pour nettoyer les rues.

Après une semaine de grève des éboueurs, des centaines de sacs d'ordures étaient encore abandonnés mercredi à Marseille et dans les communes des alentours dépendant de la Métropole.

Malgré la "reprise partielle de l’activité d’enlèvement des déchets", la préfète de police des Bouches-du-Rhône a pris la décision de réquisitionner par arrêté le "personnel strictement nécessaire au rétablissement de l’ordre public", pour une durée maximale de trois jours à compter du jeudi 7 octobre 2021.

Une décision au regard de la "persistance des atteintes à la salubrité et à la sécurité publiques, en dépit des mesures prises par la Métropole pour y remédier".

Un accord de fin de grève autour de l'application des 35 heures pour les éboueurs a bien été trouvé le 1er octobre entre la Métropole d'Aix-Marseille et le syndicat majoritaire FO. La FSU a également signé cet accord, mais pas la CGT, à l'initiative du mouvement de grève.

"100% des agents sont en grève à Martigues et à Istres (deux villes proches de Marseille), soit un peu moins de 200 personnes", a assuré Véronique Dolot, responsable CGT.

À Martigues, Saint-Mitre-les-Remparts et Port-de-Bouc, "quasiment 100% des agents sont en grève", a également indiqué une responsable du conseil de territoire.

À Marseille, la grève se poursuit également dans un secteur, selon la même source.

Des tonnes d'ordures livrées à la mer

La poursuite de la grève s'est révélée au grand jour quand l'accumulation de déchets dans les rues a été emportée lundi par les violentes intempéries, offrant un spectacle de décharge à ciel ouvert sur les plages du littoral du Prado.

Tandis que des centaines d'habitants et bénévoles d'associations de défense de l'environnement  s'échinaient à nettoyer le bord de mer, la Métropole et la mairie de Marseille se renvoyaient la responsabilité de cet "écocide", selon l'adjoint EE-LV Hervé Manchon, en charge de la biodiversité marine. 

Le maire de Marseille en a appelé au président de la République en lui demandant "une réforme immédiate de la gouvernance locale" et la reprise par la ville de cette compétence.

Le maire socialiste Benoît Payan, dénonce "l'absence d'anticipation dans la gestion des déchets" par la Métropole, pointant "des enchevêtrements de compétences inefficaces".

L'agglo s'enfonce dans la crise

L'élu a rappelé que le président avait lui-même pointé les dysfonctionnements de la Métropole dans son discours le 2 septembre à Marseille:

"On a créé une métropole qui passe trop de temps à redistribuer (...) et qui a du mal à porter des projets d'intérêt métropolitain. Elle a une complexité trop importante", avait taclé Emmanuel Macron, intimant à la collectivité de "faire évoluer sa gouvernance".

La métropole-Aix-Marseille-Provence, dirigée par Martine Vassal (LR), est composée de six conseils de territoire regroupant 92 communes et 1,8 million d'habitants.

"Se servir d'une catastrophe naturelle pour faire de la politique de caniveau, c'est indigne d'élus responsables", ont dénoncé de leur côté des élus de la majorité de droite à la métropole.

"Pas de temps à perdre pour des polémiques stériles, a répondu dans un Tweet Martine Vassal. Depuis 48h, les agents d'AMP Métropole sont au travail sans relâche."

Loin des polémiques, en mer, les marins-pompiers de Marseille ont initié une surveillance aérienne des côtes pour repérer les pollutions et organiser leur ramassage.

De nombreuses aires marines protégées sont situées au large de Marseille, notamment dans le parc national des Calanques, le plus visité de France, aux portes de la ville.

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