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Fos-sur-Mer : ne pas confondre le moustique indigène de Camargue et le moustique Tigre

Moustique Tigre / © Philippe LAMBERT
Moustique Tigre / © Philippe LAMBERT

Depuis plusieurs semaines, les habitants de l'Ouest des Bouches-du-Rhône souffrent des nuisances d'invasions de moustiques. Il s'agit de l'espèce indigène de Camargue et non du moustique Tigre. 

Par Ludovic Moreau

Le moustique "Aedes caspius" est très présent depuis quelques semaines, à l'ouest des Bouches-du-Rhône. Il s'agit d'une espèce de moustique nuisante indigène du parc de Camargue et, plus généralement, issue des zones humides littorales méditerranéennes. Ce moustique n'est pas dangereux pour l'homme, même s'il est à l'origine de nuisances parfois insupportables.

Mais il ne faut pas le confondre avec le moustique Tigre, "l'aedes albopictus", qui lui, est vecteur de maladies comme la Dengue ou le Chikungunya. A la date du 15 mai, la présence active du moustique Tigre n'est pas encore avérée.

Pourquoi le moustique "de Camargue" envahit l'ouest du département ?

Les femelles pondent leurs oeufs sur un sol sec et lorsque ce sol est mis en eau, les larves peuvent éclore et c'est l'invasion de moustiques pendant quinze jours à trois semaines.

Depuis ces dernières semaines, essentiellement trois facteurs ont pu être responsable de l'arrivée massive de moustiques.

D'abord, les conditions météorologiques. Les précipitations, après la longue période de sécheresse, ont pu provoquer l'éclosion des larves.

Mais il suffit aussi d'un "coup de mer", un fort vent venant du large provoque un déplacement d'eau des étangs, capable de mettre en eau des zones sèches contenant des oeufs de moustiques.

Enfin, l'une des causes est également humaine, il s'agit de la mise en eau de terre agricole, le plus souvent pour attirer le gibier d'eau destiné à la chasse.
 
Démoustication par les agents de l'EID / © Guillaume Bonnefont
Démoustication par les agents de l'EID / © Guillaume Bonnefont


La démoustication

Dans les années 1960, les départements littoraux du Languedoc-Roussillon et les Bouches-du-Rhône ont créé l'Entente Interdépartementale de Démoustication (EID).

Depuis cette date, l'opérateur public est chargé de surveiller et de contrôler la présence des moustiques sur le littoral méditerranéen. Dans les faits, il s'occupe d'organiser la démoustication régulière des zones urbaines et péri-urbaines.

Nous utilisons un larvicide bio sélectif, efficace uniquement sur les larves, sans détruire la biodiversité,

explique Charles Jeannin, entomologiste médical chez EID.

A Fos-sur-Mer, la dernière campagne s'est déroulée le 27 février dernier. Le parc de camargue n'est pas démoustiqué, selon le choix politique fait depuis l’origine, pour préserver l'environnement et la biodiversité.

Détecter et éliminer le moustique Tigre

Eradiquer la présence du moustique Tigre semble impossible.

Le moustique Tigre est principalement un citadin. Les larves se trouvent dans les coupelles des pots de fleurs, dans les réservoirs d'eau stagnantes, dans les avaloirs des eaux de pluie.

L'EID installe régulièrement des pièges à moustiques, notamment des pièges pondoirs. Lorsque le moustique Tigre est présent et actif, la femelle pond ses oeufs dans ces pondoirs, ce qui permet de détecter leur niveau d'activité. A la date du 15 mai, l'inspection de tous ces pièges a été négative. 

La meilleure façon de limiter la prolifération de ce moustique, c'est de maintenir asséché les zones d'eau stagnantes, attention aux arrosages...
Opération de démoustication du moustique Tigre en zone urbaine / © EID
Opération de démoustication du moustique Tigre en zone urbaine / © EID


Lutte contre les maladies

Le moustique Tigre ne provoque pas systématiquement de maladies, mais il est le vecteur de certains virus à l'origine de certaines maladies, notamment le virus de la Dengue, du Chikungunya ou du virus Zika.

Un plan national est mis en place du 1er mai au 30 novembre. Lorsqu'une personne souffre d'une de ces maladies, le médecin est sensibilisé et doit alerter aussitôt l'Agence Régionale de Santé (ARS). A son tour, l'ARS prévient l'EID pour une démoustication.

Dès l'alerte, l'EID procède à une enquête sur le terrain pour identifier la présence du moustique Tigre et si c'est positif, les agents procèdent à la démoustication d'une zone d'environ 150 mètres autour du domicile du malade. 

"Depuis le 1er mai, nous nous sommes déplacés près d'une dizaine de fois, notamment une fois dans les Bouches-du-Rhône et une fois dans les Alpes-Maritimes pour des cas de suspicion de Dengue, mais il n'y avait pas de moustique", explique Charles Jeannin.

L'objectif de cette démoustication est d'éviter les cas de maladies "autochtones", c'est à dire les cas de personnes ayant contracté la maladie à partir du moustique, donc à partir d'un malade situé à proximité.

L'année dernière, plusieurs cas autochtones avaient été identifiés, notamment dans le Var.

Le moustique Tigre progresse en France

Le moustique Tigre a été identifié pour la première fois en Europe, à Gênes en 1990. Des larves avaient été retrouvées dans une entreprise de pneus provenant d'Asie.

Puis, année après année, utilisant les moyens de transport humain, il arrive en France par Menton, en 2004.

Depuis cette date, le moustique a gagné du terrain. D'abord sur le littoral méditerranéen, puis progressivement, il est remonté vers le Nord, l'Alsace et la région parisienne. Depuis cette année, le moustique Tigre est installé durablement dans 51 départements.

Carte des départements concernés par la présence du moustique Tigre
© EID
© EID

Carte de la présence du moustique Tigre en France par commune
© EID
© EID

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