Hommage à Missak et Mélinée Manouchian : trois questions sur ce couple de résistants, bientôt honorés au Panthéon

Missak et Mélinée Manouchian, résistants d'origine arméniennes vont entrer ce mercredi 21 février au Panthéon. Leur mémoire est également activement cultivée dans les Bouches-du-Rhône.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

L'hommage de la nation, le jour du 80ème anniversaire de leur exécution par l'occupant nazi. Ce mercredi 21 février, le poète et humaniste Missak Manouchian  et son épouse Mélinée vont faire leur entrée au Panthéon.

France 3 Provence-Alpes revient en trois questions sur le destin de ces figures de la Résistance dont l'histoire est en partie liée à Marseille.

Qui sont Missak et Mélinée Manouchian ?

Missak et Mélinée Manouchian sont des résistants communistes d'origine arménienne. Durant leur enfance, ils fuient le génocide perpétré en Arménie par l'empire ottoman durant lequel ils perdent tous deux leurs parents. Arrivés en France dans les années 20, Missak et Mélinée s'y rencontrent et se marient dans les années 1930. Le couple milite à la CGT puis au Parti communiste. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Missak Manouchian rejoint la Résistance et le couple passe à l'action armée en 1943 au sein des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans - main-d'œuvre immigrée). Missak devient commissaire militaire du réseau de la région parisienne dans lequel Mélinée occupe le rôle d'agent de liaison, rapporte Le Monde.

Le réseau s'illustre dans plusieurs attentats contre l'occupant, gagne le surnom de "groupe Manouchian" et est dépeint par les autorités comme une "armée du crime" dans la célèbre affiche de propagande rouge. Le portrait de Missak y figure en tant que "chef de bande", il est alors vilipendé pour ses origines étrangères. Missak finit par être capturé le 16 novembre 1943. Il est fusillé le 21 février 1944 avec 24 autres résistants, dont 21 de ses camarades de la MOI au Mont-Valérien en banlieue de Paris. Mélinée parvient quant à elle à se cacher chez son amie Knar Anavourain, la mère du chanteur Charles Aznavour. Elle meurt en décembre 1989 sans s'être jamais remariée.

Pourquoi les époux Manouchian entrent-ils au Panthéon ?

L'annonce de la panthéonisation du couple a été faite le 18 juin 2023 par l'Elysée, rapporte franceinter. "Missak Manouchian incarne les valeurs universelles portées par ces 'vingt et trois qui criaient la France en s’abattant' [selon le poème de Louis Aragon] et ce sont eux, qui avec lui, seront aussi célébrés. Car ceux du groupe Manouchian défendaient une République où l’adhésion aux principes de liberté, d’égalité, de fraternité,  permet tous les exploits, autorise tous les sacrifices, réunit et transcende tous les destins", justifie la présidence dans un communiqué. L'hommage décerné au résistant permet également d'honorer tous ses compagnons d'armes étrangers, "le sang versé pour la France a la même couleur pour tous", souligne l'Élysée.

Pourquoi les Manouchian sont importants pour Marseille et les Bouches-du-Rhône ?

Comme des milliers d'Arméniens qui ont fui le génocide, c'est à Marseille que Missak et Mélinée sont arrivés en France. Leur mémoire est toujours honorée par la communauté franco-arménienne et à sa demande, une stèle au nom de Missak a été érigée il y a plus de dix ans dans le jardin Manouchian à Marseille. Des rues portent également le nom de Manouchian dans plusieurs communes des Bouches-du-Rhône, comme à Port de Bouc où une cérémonie sera organisée le 20 février sur le parvis de l'hôtel de ville pour l'entrée au Panthéon des époux. Plus largement, rapporte la Provence, la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchçan a fait l'objet d'un long travail de la part d'associations marseillaises et d'élus locaux. Dès 2014, un appel à l'entrée au Panthéon de Missak Manouchian avait ainsi été lancé par Christophe Masse, vice-président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine.