La communauté arménienne de Marseille se félicite de l'entrée de Missak Manouchian au Panthéon

Dans les années 1920, des milliers d’Arméniens se sont réfugiés à Marseille pour fuir le génocide dans leur pays. Aujourd’hui, ils forment dans la cité phocéenne l’une des plus importantes communautés d’Europe. L’entrée au Panthéon des résistants arméniens Mélinée et Missak Manouchian sonne pour eux comme une juste reconnaissance des services rendus à la France.

Depuis plus de dix ans, le buste en bronze de Missak Manouchian, érigé à la demande de la jeunesse arménienne de France, vieille sur le Fort Saint-Jean et le vieux port de Marseille.

Une figure de l'immigration et de la résistance

80 ans après l’exécution de Missak Manouchian, Emmanuel Macron vient d’annoncer son entrée au Panthéon. Pour Pascal Chamassian, responsable de la jeunesse arménienne de France, c’est une juste reconnaissance, que ces Marseillais d’origine arménienne réclament depuis 2014. "Missak Manouchian est une figure positive de l’immigration et de la résistance. C’est un rescapé du génocide arménien qui très vite a voulu s’engager face à l’oppresseur nazi. Avec ses camarades, qui étaient étrangers, ils ont donné leur vie pour défendre ces valeurs de liberté, des valeurs chères à la France, et aujourd’hui la France, la République reconnait Missak Manouchian et ses camarades" se félicite Pascal Chamassian.

Une histoire à valeur d'exemple selon Guédiguian

Rescapé du génocide arménien, Missak Manouchian se réfugie en France en 1915 et forme l’un des mouvements armés les plus actifs de la résistance : Francs-tireurs et partisans main d'oeuvre immigrée (FTP-MOI). Il est démantelé en 1943 et 22 de ses membres, dont Missak Manouchian, sont fusillés au Mont Valérien. Dans son film « l ’armée du crime », sorti en 2009, le marseillais Robert Guédiguian retrace le parcours de ce groupe de résistants communistes. "Quand je lisais leurs exploits, je devais avoir 12 ou 13 ans, et je voulais leur ressembler, je voulais vivre comme eux, je m’identifiais à eux. Ils étaient mes héros préférés. J’ai fait cette histoire-là parce j’ai pensé qu’elle commençait à s’estomper un peu. Je la trouve exemplaire, et il faut trouver des histoires qui aient valeur d’exemple, qui éclairent notre présent. C’est pour ça que le cinéma a une fonction très importante, parce que c’est très populaire." raconte le réalisateur. 

Missak Manouchian et sa femme entreront au Panthéon le 21 février prochain, 80 ans jour pour jour après son exécution. 

Léa Wolber avec Florence Giroux